Bruxelles, 23/10/2013 (Agence Europe) - Les pays ACP sont profondément déçus par la décision politique de l'UE de reconduire l'organisation commune du marché unique dans le secteur sucrier pour deux ans seulement, c'est-à-dire jusqu'en 2017, au lieu de 2020, et ils déplorent que l'UE ait ainsi ignoré leurs efforts pour la sensibiliser à l'importance capitale de l'industrie sucrière pour leurs économies et leur tissu social (EUROPE 10875). Ces doléances ont été exprimées par les ministres du Commerce ACP à l'issue de la 13ème conférence ministérielle ACP sur le sucre, qui s'est tenue la semaine dernière à Sigatoka (Fidji).
Selon eux, la décision de l'UE n'a tenu compte ni de l'impact futur de la réforme de la PAC sur les intérêts commerciaux et de développement des pays ACP, ni du devoir de cohérence des politiques de l'UE inscrit dans le Traité de Lisbonne, alors même que ces principes visant à protéger les petits partenaires commerciaux vulnérables de l'UE sont réaffirmés dans l'Accord de Cotonou, dans les accords de partenariat économique (APE) et dans l'Initiative 'Tout sauf les armes'. Sans compter, déplorent-ils, que les concessions accordées par l'UE à de nouveaux partenaires préférentiels dans le cadre d'accords de libre-échange auront pour effet de déséquilibrer davantage le marché et d'accroître l'érosion des préférences ACP.
Partant, les ministres du Commerce ACP exhortent l'UE à veiller à la cohérence de ses politiques en matière de développement, d'agriculture et de commerce, et à faire en sorte que les initiatives de développement qu'elle finance et les possibilités d'accès aux marchés qu'elle offre aux pays ACP ne soient pas compromises par des mesures prises au plan interne ou au niveau international, notamment à l'OMC. S'il est difficile de prédire la valeur de l'accès préférentiel au marché sucrier européen au lendemain de la suppression du régime de quotas de production, il est en revanche facile de prévoir les conséquences de la perte de cet accès, à savoir la fin des échanges commerciaux avec l'UE dans le secteur sucrier, soulignent les ACP.
Tout en reconnaissant que le programme d'appui aux mesures d'accompagnement (PAMA) a aidé les pays ACP à restructurer leurs industries sucrières, les ministres ont souligné que le bilan des décaissements des ressources reste mitigé, avec de très faibles taux dans certains pays. Ils appellent donc l'UE à mettre à disposition les ressources restantes, de façon à ce qu'elles ne soient pas perdues pour les ACP. Ils soulignent aussi la nécessité d'approfondir les discussions sur les voies et moyens d'élaborer et de mettre en oeuvre un programme intégré de développement des produits de base au titre du prochain cadre financier pluriannuel, de doter ce programme de ressources suffisantes, et de faire en sorte qu'il encourage la valorisation des produits et appuie la formulation ainsi que la mise en oeuvre de stratégies de diversification. Ils renouvellent leur demande visant à maintenir l'appui à la recherche sucrière ACP après l'expiration, en 2013, de l'actuel Programme ACP de recherche et d'innovation sucrières doté d'un budget de 13 millions d'euros. (AN)