Bruxelles, 23/10/2013 (Agence Europe) - Antonio Tajani pointe du doigt les coûts trop élevés de l'énergie et de la fiscalité, la difficulté d'accès au financement et la réforme nécessaire de l'administration publique.
Une conférence organisée le 23 octobre à Paris par le ministre français du Redressement productif, Arnaud Montebourg, et l'institut Sciences Po Paris a permis aux capitales de consolider leur consensus sur la nécessité de renforcer la politique industrielle de l'UE pour stimuler la croissance et l'emploi, à la veille d'un Conseil européen dédié à la compétitivité, en février 2014.
Outre le commissaire Antonio Tajani, le ministre italien du Développement économique, Flavio Zanonato, le ministre espagnol de l'Industrie, José Manuel Soria, le ministre bulgare de l'Économie, Dragomir Stoynev, et le ministre grec du Développement et de la Compétitivité, Kostis Hatzidakis, ont participé aux travaux aux côtés de leur homologue français. L'Allemagne, le Luxembourg, la Pologne, le Royaume-Uni et la République tchèque étaient représentés au niveau des secrétaires d'État chargés de l'industrie.
« Nous avons décidé de nous unir davantage et de faire des propositions afin de les amener au plus haut niveau européen », a expliqué M. Montebourg à l'ouverture des travaux. Le ministre français a appelé à « s'interroger sur les choix macroéconomiques portés par la Commission » et s'est de nouveau plaint d'un euro trop fort, qui entrave la compétitivité des industriels. « 10% en plus ou moins de l'euro, pour un pays comme la France, c'est 150 000 emplois en plus ou en moins », a affirmé le ministre français. « Je partage ta position sur l'euro, Arnaud », a répondu M. Tajani, précisant qu'il s'agissait d'une « position personnelle » et « pas de la Commission ». « L'euro est trop fort pour la compétitivité de nos entreprises », a-t-il insisté.
Le commissaire a également mis l'accent sur les grands obstacles qui entravent la compétitivité de l'industrie européenne: les coûts trop élevés de la production, dont l'énergie et la fiscalité, la difficulté d'accès au financement pour les PME et le fossé entre l'administration publique et les entreprises. « L'industrie a un effet multiplicateur sur tous les autres secteurs de l'économie. Nous ne pouvons avoir une économie forte sans une industrie forte. Par conséquent, à côté d'un pacte budgétaire, nous devons combiner un compact industriel. Le Conseil européen de février 2014 sera une opportunité historique pour mettre la politique industrielle au centre de la stratégie de l'UE pour la croissance », a-t-il expliqué, ajoutant toutefois: « La Commission contribuera de manière décisive, mais les États membres sont appelés à faire leur partie ». (EH)