Bruxelles, 22/10/2013 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères des dix pays de la Méditerranée occidentale se réunissent le 23 octobre à Barcelone, au siège de l'Union pour la Méditerranée (UpM). Il s'agit d'une réunion ouverte, co-présidée par le Portugal et la Mauritanie, à laquelle seront conviés des chefs d'entreprise ou d'organisations corporatives significatifs. L'UE, qui était représentée à Malte, en octobre 2012, par le président de la Commission européenne, n'a pas encore annoncé qui la représentera.
L'occasion se veut symbolique de la volonté de ces dix pays (Portugal, Espagne, France, Italie, Malte, Libye, Tunisie, Algérie, Maroc et Mauritanie), qui se rencontrent régulièrement dans le cadre informel dit '5+5', de coopérer plus étroitement avec l'UpM et d'en faire, comme ils l'ont décidé lors de leur dernier sommet à Malte, le cadre de réalisation de certains de leurs projets communs. Le groupe '5+5' entend rester un cadre de concertation informel pour traiter aussi bien de matières économiques que de sécurité et d'immigration. Ces deux derniers thèmes sont au centre de leur dialogue, qui existe depuis quelques années déjà.
L'UpM sera en quelque sorte chargée de 'sous-traiter' le volet économique. Ceci d'autant que, dans les faits, l'UpM s'est réduite, dans le contexte des bouleversements en Méditerranée et surtout dans sa partie orientale, aux pays du bassin méditerranéen occidental. À l'exception notable de la Jordanie qui assure la co-présidence de l'UpM, conjointement avec la Haute représentante de la diplomatie européenne.
Dans la présentation de l'événement, les organisateurs affirment qu'en « raison de son fort potentiel et de ses atouts socio-économiques, la Méditerranée occidentale pourrait jouer un rôle plus important dans l'économie mondiale ». Avec tous ses atouts, la sous-région offre au monde des affaires un « avantage concurrentiel » renforcé par sa « proximité » avec les marchés européens.
Le principal écueil réside dans la faiblesse de l'intégration régionale et le fait que les frontières entre les deux puissants acteurs de la rive sud - le Maroc et l'Algérie - demeurent fermées. La question sera aussi posée de savoir « comment l'intégration régionale et le dialogue économique renforcé peuvent stimuler l'économie en Méditerranée ainsi que la coopération entre le secteur public et privé ? ».
Dans l'organisation de ses relations de voisinage, les pays de la rive sud du bassin occidental se posent aussi la question de l'avenir de leurs relations avec l'Afrique de l'Ouest. « L'envol économique de l'Afrique est une réalité. Les perspectives s'annoncent prometteuses pour 2013 et 2014, les taux moyens de croissance prévus étant de 4,8% et de 5,3% ». Il est fait référence à un rapport de mai 2013 préparé par la Banque africaine de développement (AfDB), l'OCDE, la Commission économique pour l'Afrique et le Programme de développement des Nations unies (PNUD) selon lequel « les ressources minières, agricoles et énergétiques de l'Afrique » sont des éléments clés « en termes d'accélération de la croissance ». Cela devrait inciter « les investisseurs étrangers et les opérateurs locaux à développer des rapports économiques plus étroits ». Les « opportunités économiques devraient se traduire dans des projets concrets », espèrent les membres du groupe '5+5' et de l'UpM. (FB)