Bruxelles, 22/10/2013 (Agence Europe) - La 'task force' de la Commission européenne pour la Grèce, chargée d'apporter une assistance technique au gouvernement dans la mise en oeuvre des réformes, a salué, mardi 22 octobre dans son cinquième rapport trimestriel, l'évolution positive que connaît l'économie grecque, mais s'est inquiétée du taux de chômage qui ne fléchit toujours pas.
« Alors que nous voyons des signes encourageants de stabilisation de l'économie grecque et nous attendons à un retour à une croissance positive en 2014, la situation reste très difficile pour les citoyens et les chiffres dramatiquement élevés du chômage », a souligné Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires. C'est un fardeau que l'économie grecque risque de porter « pour encore un moment », a estimé une source proche du dossier. En clair: pour la Commission, une des priorités d'Athènes est de s'atteler à la mise en oeuvre des réformes structurelles capables de supporter la croissance.
Le rapport de la 'task force' se félicite en outre de l'absorption des fonds structurels par le pays, où de « solides progrès» sont à noter, selon M. Rehn. Sur les 20 milliards d'euros de fonds européens disponibles pour le pays sur la période de programmation actuelle, 67,5% avaient déjà été absorbés à la fin septembre, contre 49% fin 2012. La Grèce se situe donc « bien au-dessus de la moyenne européenne et se place donc en sixième position à l'échelle européenne », se félicite la Commission.
Cette source proche du dossier a rappelé que « le manque de liquidités dans l'économie réelle a été une cause d'inquiétude majeure pour la Commission ». En ce sens, « remettre les banques sur des bases solides est la première étape », indique le rapport de la 'task force', notant que les banques grecques viennent de sortir du processus de recapitalisation. Et la même source de rappeler la promesse allemande de juillet dernier, lorsque le ministre des Finances, Wolfgang Schaüble, en visite à Athènes, avait affirmé que Berlin était « prête à investir » dans un fonds dont l'essence serait de fournir des liquidités aux entreprises grecques.
L'économie grecque peut bénéficier d'une embellie en matière de collecte de l'impôt, qui montre des signes d'une meilleure efficacité. Pour la 'task force', ce domaine est « crucial » non seulement pour améliorer les revenus de l'État mais aussi pour garantir « une distribution plus juste et plus équitable du fardeau fiscal ». Le travail du gouvernement, de concert avec la 'task force', s'intensifiera dans ce domaine afin de faciliter l'environnement des affaires et accélérer la réforme de l'administration publique.
Dans le cadre de l'ajustement grec, les choses auraient-elles pu être mieux faites ? Pour cette source, il est difficile de répondre à cette question car l'on ne dispose pas vraiment d'exemples historiques où la consolidation des finances publiques a été si « dramatique ». En cause notamment les nombreux hauts et bas tant sur le plan économique que politique dans le pays. Néanmoins, « si nous n'avions pas vu cette détermination (du nouveau gouvernement, NDLR) à sortir de la crise et appliquer le programme, la solidarité européenne aurait probablement été moindre », a estimé cette source, concluant sur la détermination grande et visible au niveau européen de « maintenir cette solidarité envers la Grèce ». (EL)