Bruxelles, 18/07/2013 (Agence Europe) - La Commission européenne (au nom de l'Union européenne) et le Maroc ont débuté, jeudi 18 juillet à Rabat, le sixième round de négociations en vue de marquer un accord sur le nouvel accord de pêche UE/Maroc (EUROPE 10888).
Tout porte à croire qu'il s'agit du dernier cycle de pourparlers, donc de la dernière chance d'avoir un nouvel accord bilatéral en matière de pêche. « Nous sommes confiants que l'actuelle bonne atmosphère pourra produire des résultats », nous dit-on dans l'entourage de la commissaire à la Pêche, Maria Damanaki.
Les négociations sont bloquées depuis février à cause, notamment, de la question du Sahara occidental et sur les coûts économiques de l'accord. Le précédent accord prévoyait 36,1 millions d'euros par an versés par l'UE en échange de l'accès aux eaux marocaines pour les navires européens. Rabat demande une hausse de l'enveloppe à 40 millions d'euros (compte tenu des changements dans les conditions techniques négociées pour améliorer les possibilités de pêche pour la flotte européenne). Mais l'UE souhaite réduire sa contribution à un niveau situé entre 25 et 28 millions d'euros.
En avril, la commissaire à la Pêche avait dit que seul perdurait dans les négociations le problème, de nature politique, des garanties apportées par le Maroc en matière de respect des droits de l'homme dans le Sahara occidental.
Les navires de pêche de l'UE ont abandonné la zone en décembre 2011, lorsque le PE a refusé de proroger l'accord UE/Maroc en raison de doutes sur sa rentabilité économique, sa durabilité environnementale et sur les bénéfices de cet accord sur la population du Sahara occidental. Les pêcheurs espagnols sont les plus affectés, 70 navires de ce pays ayant reçu des aides publiques compensatoires jusque fin décembre 2012.
Fervents espoirs espagnols
L'Espagne se dit « confiante ». C'est ce qu'a déclaré, mercredi, le ministre espagnol de l'Agriculture et de la Pêche, Miguel Arias Canete. La visite de Juan Carlos au Maroc, du 15 au 17 juillet, renforce l'espoir d'un compromis, l'amitié entre le Maroc et l'Espagne ayant été grandement célébrée. Le président de la Fédération andalouse des associations de pêche (FAAPE), Pedro Maza, est lui aussi persuadé que ce 6ème round de négociations sera « le dernier ». « Il y aura un accord et nous croyons qu'il sera définitif », a affirmé M. Maza. Mais, prévient-il, il faut un « accord viable ». Les pêcheurs de la région de Cadix, en l'occurrence la Cofradía (Guilde) de pescadores de Barbate (Cádiz), demeurent préoccupés. Car s'il n'y a pas accord, les retombées pour la région seront lourdes, estiment-ils.
Côté marocain, l'annonce de la reprise des négociations ne donne pas lieu à l'expression d'espoirs mais à l'exposé détaillé des éléments sur la table (contrepartie, ampleur de la flotte). Surtout, la question est de savoir si l'effort pour boucler un nouvel accord ne se heurtera pas aux mêmes obstacles politiques (sous-entendu la question du Sahara et des zones de pêche proches). « Même s'il est signé par le Maroc, l'accord de pêche devra être validé par le Parlement européen et ne sera pas immédiatement mis en œuvre », rappelle-t-on côté marocain. (LC/FB)