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Bulletin Quotidien Europe N° 10876
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) infrastructures

Accord en trilogue sur l'interconnexion de l'Europe

Bruxelles, 27/06/2013 (Agence Europe) - Un accord informel en trilogue a été dégagé, le 27 juin, à propos du Mécanisme pour l'interconnexion de l'Europe (MIE), cette manne financière destinée aux grands projets d'infrastructures de transport, d'énergie et de télécommunications en Europe au cours de la période 2014-2020. À ce stade, environ 30 milliards d'euros y seraient consacrés, selon l'accord final obtenu sur le cadre financier pluriannuel 2014-2020 (contre 50 milliards proposés par la Commission). La priorité des financements serait donnée aux projets à valeur ajoutée européenne réduisant les goulets d'étranglement et aux tronçons transfrontaliers.

Pour le co-rapporteur sur le dossier, Dominique Riquet (PPE, France), il s'agit aussi de l'instrument « le plus immédiat pour la croissance, l'emploi, la compétitivité et l'intégration européenne ». Il regrette toutefois que « les gouvernements ne soutiennent pas fortement ce fonds puisqu'ils proposent d'en réduire drastiquement l'enveloppe financière ». La co-rapporteur Adina-Ioana Valean (ADLE, Roumanie) a pour sa part salué la « véritable valeur européenne en s'attaquant aux infrastructures incomplètes, inefficaces ou non-existantes qui freinent l'achèvement du marché unique ».

M. Riquet a jugé que le résultat des négociations en trilogue institutionnel était « satisfaisant pour le Parlement, qui a été largement écouté, et équilibré ». Il a mis en avant que l'équipe de négociation du Parlement s'était battue pour faire valoir la flexibilité et des synergies entre les différents secteurs. Il s'est aussi félicité de l'alignement du corridor de fret sur le réseau central du Réseau transeuropéen de transport (RTE-T), à l'instar de la co-rapporteur Ines Ayala Sender (S&D, Espagne). Celle-ci apprécie aussi le renforcement des nœuds urbains ainsi que l'établissement d'un calendrier strict. « Il incombera ensuite aux États membres de présenter ces projets d'infrastructure dans le cadre fixé en répondant au tracé et aux priorités. » Elle a toutefois déploré le paradoxe de délégations européennes qui demandaient à la fois « une rigueur absolue, mais ces mêmes délégations demandaient plus de projets » lors de la négociation sur les annexes qui reprennent les domaines éligibles à des financements. Mme Valean s'est pour sa part félicitée de ce que « pour l'énergie ou les télécoms à ce jour il n'y a pas d'argent européen. C'est tout nouveau et il fallait rassembler ces trois secteurs sur le même paquet d'infrastructures ». Tous se sont aussi félicités des instruments de financement, tels que les emprunts obligataires à destinations de projets (project bonds). L'effet de levier que le MIE encourage a été salué aussi par le ministre irlandais des Transports, Leo Varadkar: « Les 30 milliards de financements européens seront aussi utilisés pour lever des investissements privés additionnels. »

Mais l'enthousiasme des co-rapporteurs et de la présidence irlandaise n'a pas été partagé par les Verts. Le porte-parole du groupe pour le transport, Michael Cramer (Allemagne), a jugé que l'accord en trilogue « cimentait une vision dépassée et mégalomaniaque de la politique du transport. La fixation sur des méga-projets extrêmement longs et coûteux ne sert que les secteurs bancaire et de la construction. Mais malgré un titre prometteur, cela ne va pas 'connecter l'Europe' ».

L'accord en trilogue devait être approuvé par le COREPER ce jeudi pour ensuite être adopté par le Conseil et être soumis au vote du Parlement. (MD)

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