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Bulletin Quotidien Europe N° 10876
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) environnement

L'accord sur la réforme de la PAC, un désastre selon les ONG

Bruxelles, 27/06/2013 (Agence Europe) - Une menace pour l'environnement, un désastre. C'est peu dire que l'accord politique, trouvé mardi en trilogue, sur la réforme de la politique agricole commune (PAC) pour 2014-2020 déçoit les ONG environnementales convaincues que la réforme proposée en 2011 par la Commission européenne afin de garantir une PAC « plus juste et plus verte, plus efficace et plus transparente » manquera son but (EUROPE n° 10875).

De l'avis du WWF, l'accord, qui doit encore être formellement approuvé par le Conseil et le Parlement, est contre-productif car il sapera les bonnes pratiques agricoles et œuvrera à la poursuite du déclin de la qualité environnementale dans les zones rurales. Alors même que l'objectif initial de cette réforme était de soutenir des pratiques agricoles respectueuses de l'environnement et d'inverser la tendance à la détérioration de l'environnement dans les zones rurales, on demande au contribuable européen de soutenir un système de subventions aux agriculteurs assorti de conditionnalités très limitées, s'indigne l'ONG.

« Pendant des années on a été confronté aux problèmes aigus de l'érosion du sol, de la rareté de l'eau, de la pollution, ainsi que du déclin de la biodiversité. Ce déclin de la nature va se poursuivre et sera irréversible. Les ministres de l'Agriculture portent une lourde responsabilité. À chaque tournant, ils ont cherché à affaiblir les dispositions environnementales et ont esquivé, par leurs réponses floues, chaque tentative limitée de la Commission et du Parlement d'apporter quelques améliorations. Le Parlement européen a montré qu'il n'est pas prêt à exercer pleinement son pouvoir de codécision sur la PAC », fait observer Tony Long, directeur du bureau européen du WWF.

Le WWF s'alarme tout particulièrement du fait que le Fonds de développement rural ait été marginalisé. En effet, tandis qu'en vertu des règles actuellement en vigueur (pour la période 2007-2013), 25% au moins des ressources de ce Fonds ont été alloués aux mesures environnementales, l'accord prévoit que la majorité des ressources (minimum 30%) soient, à l'avenir, mobilisées pour un soutien accru aux mesures ayant peu ou pas de valeur ajoutée. Les agriculteurs qui ne respecteront pas les exigences déjà faibles de verdissement de la PAC perdront tout au plus 37,5% de leurs paiement directs, et seulement après plusieurs années de non-conformité. Et au lieu d'augmenter de 7 à 10% le pourcentage de surfaces d'intérêt écologique, ils ont choisi de le ramener à 5% et d'intensifier la production dans ces zones, dénonce l'ONG. Et de vilipender aussi l'échec des négociateurs à protéger la richesse environnementale des formations herbeuses, des terres humides et des sols riches en carbone qui peuvent stocker entre 50 et100 millions de tonnes de carbone par an. (AN)

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