Bruxelles, 27/06/2013 (Agence Europe) - « Je trouve que le fait d'arriver en même temps à un accord sur la politique agricole commune et sur le cadre financier pluriannuel 2014-2020 est une coïncidence très heureuse », a déclaré jeudi 27 juin le commissaire européen à l'Agriculture, Dacian Ciolos.
En répondant à des questions de la presse, il a expliqué que « des éléments qui restaient en suspens dans les négociations sur la réforme (de la PAC) sont maintenant clarifiés avec cette décision sur le budget », a déclaré M. Ciolos lors d'une conférence de presse.
L'accord sur le CFP lève-t-il des incertitudes sur les sujets agricoles liés au futur budget ? Pour rappel, dans les négociations sur la réforme de la PAC, le PE a demandé des avancées notamment sur le plafonnement et la dégressivité des aides directes. Or, le débat sur ces sujets a été reporté dans l'attente d'y voir plus clair sur le contenu du CFP. « Le fait qu'il y ait un accord sur le budget veut dire que normalement toutes ces questions seront clarifiées et qu'on sera en mesure de préparer la mise en œuvre de la politique agricole commune », a souligné M. Ciolos. La présidence irlandaise a appelé les États à lâcher un peu de lest sur la dégressivité des aides à partir de 150 000 euros: elle avait proposé de les réduire de 5% à partir de ce seuil, tout en rejetant l'idée d'un plafonnement obligatoire au-dessus de 300 000 euros, défendue par la Commission et le Parlement. En effet, le Conseil européen a décidé que le plafonnement serait facultatif.
Sur les critiques émises par les ONG environnementalistes, le commissaire a défendu les mesures prévues sur le verdissement: 30% de l'enveloppe totale (280 milliards) des aides directes aux agriculteurs seront conditionnés au respect de trois mesures: diversification des cultures, maintien de prairies permanentes et préservation de 5% puis 7% de zones d'intérêt écologique à partir de 2018. « Mais nous avons voulu prendre en compte ce qui se fait déjà », a-t-il ajouté, en prévoyant des mesures jugées au moins équivalentes en termes de bénéfices pour l'environnement. En outre, au minimum 30% du budget des programmes de développement rural devront être alloués à des mesures agro-environnementales, à des soutiens à l'agriculture biologique ou à des projets liés à des investissements ou des mesures d'innovation favorables à l'environnement. « C'est un changement de paradigme. On ouvre la porte à une agriculture plus durable », a-t-il conclu sur ce thème.
Le commissaire a aussi balayé du revers de la main les critiques sur une éventuelle renationalisation de la PAC. Il a noté que ces critiques proviennent des pays qui étaient à l'origine de la construction européenne (lorsqu'il y avait une PAC pour six ou 9 pays de l'UE). Or, selon lui, les politiques de l'UE doivent prendre en compte les nouvelles réalités en Europe, et donc la diversité du secteur agricole. Les instruments doivent selon lui être adaptés. (LC)