Bruxelles, 23/05/2013 (Agence Europe) - Les droits de millions de migrants et réfugiés ont été « bafoués » dans le monde par des gouvernements plus préoccupés par la défense des frontières, a dénoncé, jeudi 23 mai, l'ONG Amnesty International dans un rapport sur les droits humains dans le monde. « Les droits de millions de personnes qui ont fui les conflits et les persécutions ou qui ont quitté leur pays en quête de travail et d'une vie meilleure (…) ont été bafoués », a déploré l'association qui a pointé plus particulièrement la situation des réfugiés syriens et leurs conditions de vie dans les pays voisins. « Partout dans le monde, les États se montrent davantage désireux de protéger leurs frontières nationales que les droits de leurs citoyens et ceux des hommes et des femmes qui viennent chercher refuge ou de meilleures chances », a ajouté l'organisation, qui dénonce aussi toutes les exactions que les migrants doivent subir, qu'il s'agisse de travail forcé ou de violences. L'ONG concentre notamment ses critiques sur l'UE, accusée d'appliquer des contrôles aux frontières qui « mettent en danger la vie des migrants et des demandeurs d'asile et ne garantissent pas la sécurité de celles et ceux qui fuient les conflits et les persécutions ».
Des critiques que la Commission européenne a toutefois jugées jeudi « injustifiées », a dit Michele Cercone, le porte-parole de la commissaire compétente, Cecilia Malmström. « On peut être fiers de ce qui a été fait », a dit M. Cercone, rappelant que l'UE était l'une des zones du monde accordant le plus de statuts de protection internationale avec des « milliers de personnes qui reçoivent l'asile ». Il y a peu, l'UE s'est aussi dotée d'un nouveau régime d'asile commun qui doit améliorer les procédures et l'accueil des réfugiés, a encore rappelé le porte-parole. Il y a toutefois quelques pays qui peuvent faire mieux - l'Italie est pointée du doigt par Amnesty pour la façon dont elle refoule des bateaux de réfugiés -, a concédé M. Cercone, 90% des demandes d'asile étant aujourd'hui concentrées dans 5 à 6 États membres, dont l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni. Selon Eurostat, il y avait 332 000 demandeurs d'asile dans l'UE en 2012, les Afghans constituant toujours la première nationalité (8% du total) suivis par les Syriens. Toujours en 2012, 73% des décisions de première instance prises à l'égard des demandeurs d'asile avaient toutefois fait l'objet d'un rejet, tandis que 14% des demandeurs s'étaient vu octroyer le statut de réfugié, 10% la protection subsidiaire et 2% une autorisation de séjour pour des raisons humanitaires. (SP)