Bruxelles, 23/05/2013 (Agence Europe) - Le cas irlandais peut enseigner deux choses à la Grèce, selon le Premier ministre grec, Antonis Samaras. D'une part, la route qui mène à la sortie de crise n'est pas sans fin, et d'autre part, la direction prise par Dublin est celle à suivre. « Après de nombreuses réformes mises en œuvre par le gouvernement d'Enda Kenny, l'Irlande nous montre la voie », a-t-il déclaré jeudi 23 mai à l'issue d'une rencontre avec son homologue irlandais. « Nous savons qu'ils sont sur le chemin de la reprise et qu'ils sont presque prêts pour un retour complet sur les marchés internationaux », a-t-il ajouté. Le gouvernement grec ambitionne de récupérer un financement autonome, du moins partiel, dès l'année prochaine, comme l'avait déclaré le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras.
La Grèce est plongée dans la récession pour la sixième année consécutive. Si l'année 2012 n'a pas été particulièrement tendre avec le pays, elle marque peut-être toutefois un tournant dans son histoire. La zone euro, comme la Grèce elle-même, avait pris des mesures décisives pour garantir une fois pour toute la place du pays dans la zone euro.
Les pays de la zone euro avaient gelé pendant plusieurs mois l'octroi de son financement dans l'attente d'engagements clairs du gouvernement sur la mise en œuvre des termes de l'accord de prêt. Formé en juin 2012, le gouvernement d'Antonis Samaras était parvenu en quelques mois à convaincre ses partenaires de sa détermination à remettre le programme d'ajustement sur les rails. Comme l'a récemment attesté la Commission européenne dans son dernier rapport publié vendredi dernier (EUROPE n° 10848), Athènes a atteint la plupart de ses objectifs, même si dans certains domaines, il reste de la place pour du mieux.
« Je pense qu'il est juste d'affirmer que votre Premier ministre (M. Samaras) a changé la perception internationale de la Grèce et a apporté un sens de la stabilité et de la confiance dans la politique grecque », a déclaré le Premier ministre irlandais, Enda Kenny.
La situation plus claire à l'été 2014. Dans une interview au quotidien grec Ekathimerini publiée jeudi, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a estimé que certaines décisions concernant la Grèce pourraient être prises avant l'été 2014, à la lumière des derniers résultats du programme autant « en termes de mise en œuvre » que de reprise économique. « La zone euro est en effet prête à faire davantage pour assister la Grèce, à condition que le programme soit entièrement mis en œuvre ».
Conformément à l'accord passé avec la zone euro en novembre 2012, si Athènes parvient à l'équilibre budgétaire dès la fin de cette année, elle pourra espérer un allègement du fardeau de sa dette, désormais détenue en grande majorité par des créanciers institutionnels. Athènes compte concentrer ses efforts en ce sens afin de dégager un excédent primaire pour être en mesure d'activer cet accord.
La réduction de l'endettement est un des plus grands défis qui se présentent, selon M. Dijsselbloem, qui a précisé qu'il ne pouvait pas dire à ce stade si un effacement de dettes bilatérales serait possible. Dans une interview accordée à EUROPE, le ministre grec, Yannis Stournaras, avait déclaré qu'il serait satisfait avec une réduction supplémentaire des taux d'intérêts adossés aux prêts accordés (EUROPE n° 10847).
Quand à la recapitalisation directe des banques par le Mécanisme européen de stabilité, il est également trop tôt pour se prononcer sur ses modalités, celles-ci n'ayant pas encore été arrêtées. Elles doivent l'être en principe avant cet été. Si M. Stournaras a déclaré à EUROPE qu'il estimerait juste que celle-ci puisse se faire rétroactivement, une fois qu'elle sera en place. M. Dijsselbloem a précisé que c'était un des points sur lesquels les ministres devraient se décider. (EL)