Bruxelles, 15/05/2013 (Agence Europe) - L'UE et l'Algérie signeront à bref délai un accord sur l'énergie. L'information donnée par les médias algériens, l'agence de presse officielle APS la première, indique que « le Conseil européen vient d'approuver le texte d'un accord énergétique stratégique entre l'Algérie et les 27 pays de l'Union européenne qui ouvrira une nouvelle ère de coopération entre les deux partenaires, a-t-on appris mardi de source proche du dossier ».
Vérifiée à Bruxelles, l'information exacte est, selon une source européenne autorisée, que le Conseil Affaires étrangères du 29 mai prochain devrait adopter un protocole d'accord intitulé "EU-Algeria Memorandum of Understanding on energy cooperation" qui serait en cours de finalisation, tant sur la forme que sur le fond. Le commissaire européen à l'Énergie, Gunther Oettinger, se rendrait à Alger pour le signer sans doute avant la période du Ramadhan, fin juin, début juillet. « Annoncée pour début 2013, la signature de l'accord a traîné du fait de la complexité des procédures de sa validation au niveau des institutions européennes », explique l'agence algérienne.
L'Algérie qui a durement négocié cet accord paraît maintenant se réjouir ouvertement de cette avancée et des perspectives qui s'ouvrent en se référant à une « source proche du dossier », c'est-à-dire - en décodant - une communication officielle qui prend la forme d'un plaidoyer. Il est à souligner à l'heure où ce pays cherche à s'ouvrir davantage à la coopération avec l'UE, comme en ont témoigné les récentes rencontres bilatérales, notamment la visite en avril de Pierre Vimont, secrétaire général exécutif de la diplomatie européenne (SEAE).
« Ce partenariat donnera un nouvel essor aux relations énergétiques algéro-européennes en ouvrant de nouvelles perspectives de développement en Algérie de l'énergie conventionnelle, des énergies nouvelles et renouvelables, de la pétrochimie et de la transformation des hydrocarbures en général », écrit APS. L'accord devrait également « permettre un rebond des flux des investissements dans l'énergie, tant revendiqué par l'Algérie, un transfert technologique et la mise en œuvre de projets dans les énergies conventionnelles et non conventionnelles. Fournisseur important de l'UE en énergie, l'Algérie assure à elle seule entre 13 et 15% des besoins européens en gaz », affirme la « source proche du dossier » citée par APS.
Dans cet accord, ajoute l'agence, « Alger a défendu un retour des investissements dans l'énergie à travers des partenariats en amont et en aval, l'UE, déjà liée par de tels types d'accords avec la Russie et le Qatar, devrait sécuriser quant à elle ses approvisionnements en énergie. L'Algérie demeure l'un des rares fournisseurs fiables en énergie du continent européen, mais les relations énergétiques entre les deux partenaires n'ont pas toujours été au beau fixe, estiment des observateurs. Les entraves imposées par l'UE pour le déploiement de Sonatrach (la société nationale qui gère les ressources en énergie) sur le marché européen ont souvent pénalisé le groupe algérien ». APS rappelle que « Sonatrach avait fermement critiqué la directive de la Commission européenne qui interdit aux producteurs de l'énergie de distribuer directement leurs produits sur le marché européen. La directive de Bruxelles de scinder les activités production, transport et distribution de l'énergie pour lutter contre des marchés d'énergie très concentrés avait suscité le mécontentement des fournisseurs traditionnels de ce continent comme l'Algérie et la Russie ». Sonatrach avait estimé être « lésée » par cette mesure surtout après avoir « consenti des investissements énormes dans le transport du gaz ». L'Algérie avait aussi pointé du doigt « le manque d'engouement des compagnies énergétiques européennes » à investir dans l'exploration pétrolière et, affirme APS, l'UE s'est « fermement opposée à la naissance d'une industrie pétrochimique » en Algérie par le biais de barrières douanières imposées aux engrais algériens et APS prend soin de rappeler qu'elles ont été par la suite supprimées (en 2011). (FB)