Bruxelles, 15/05/2013 (Agence Europe) - La commissaire européenne en charge des Affaires intérieures, Cecilia Malmström, a salué mardi 14 mai les efforts entrepris par la Grèce pour améliorer son régime d'asile à l'occasion d'un déplacement dans le pays. Mais elle a néanmoins réitéré ses inquiétudes quant au trop faible nombre de réponses positives apportées aux demandeurs d'asile, tout particulièrement aux réfugiés syriens.
Le nombre de personnes obtenant la protection internationale en Grèce continue d'être « très faible et je suis particulièrement préoccupée par cette situation, surtout en ce qui concerne les Syriens », a-t-elle affirmé lors d'une conférence de presse à Athènes, rapporte l'AFP. La commissaire a expliqué que les Syriens, candidats dans les autres pays européens, étaient « protégés à 100% », alors que ce niveau de protection est « proche de zéro en Grèce » La situation doit « à l'évidence changer », a-t-elle demandé, Mme Malmström précisant toutefois avoir reçu des assurances en ce sens de la part du ministre grec compétent, Nikos Dendias. Sur son blog mardi, la commissaire a noté que des progrès avaient été accomplis en Grèce dans le traitement des migrants et demandeurs d'asile et qu'un nouveau centre d'asile allait en outre ouvrir à Athènes, ce dont la Suédoise s'est réjouie. Les « pires centres » de rétention ont aussi été fermés. Malgré ces progrès, les conditions d'accueil des demandeurs d'asile restent « inacceptables », a-t-elle jugé, notamment au regard des standards européens et internationaux en matière de droits de l'homme. La commissaire a aussi rappelé ses inquiétudes quant à la montée des actes racistes et xénophobes, dans la foulée de l'arrivée du parti d'extrême-droite de l'Aube dorée au parlement. Selon un récent rapport du Conseil de l'Europe, les actes anti-immigrants ont sensiblement augmenté dans le pays sans que la réponse du gouvernement soit adéquate à ce stade. Une loi criminalisant l'agitation contre les minorités ethniques est toutefois en préparation, a précisé Mme Malmström. La Grèce, condamnée en 2011 par la Cour européenne des droits de l'homme, doit suivre un plan d'action européen pour mettre son système d'asile aux normes européennes et internationales. C'est à ce titre que les autres États membres ont provisoirement suspendu les transferts de demandeurs d'asile vers le pays, transferts théoriquement possibles en vertu du règlement de Dublin. (SP)