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Bulletin Quotidien Europe N° 10846
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) commerce

Antidumping, vers une enquête sans plainte sur les télécoms chinois

Bruxelles, 15/05/2013 (Agence Europe) - Déjà engagée dans un différend avec Beijing sur les panneaux solaires, l'Europe ouvre un nouveau front dans le contentieux commercial qui l'oppose à la Chine.

Dans la foulée des mesures de rétorsion proposées la semaine dernière contre les panneaux solaires chinois (EUROPE n° 10843), la Commission garde le cap d'une ligne dure contre Beijing. Le commissaire au Commerce, Karel De Gucht, a annoncé mercredi 15 mai une « décision de principe » de l'exécutif européen sur le prochain lancement d'une enquête antidumping et d'une enquête antisubventions visant les équipements de télécommunications chinois. Cette décision de principe signifie que l'enquête formelle n'est pas ouverte pour l'instant pour négocier « une solution amiable » avec Beijing, a précisé M. De Gucht.

L'enquête, qui serait lancée ex officio, autrement dit de la propre initiative de la Commission, et non suite à une plainte des industriels européens du secteur, viserait les équipements de réseaux de télécoms (2G, 3G et 4G), mais pas les terminaux (téléphones, modems et tablettes). M. De Gucht n'a pas mentionné le nom des firmes chinoises visées, mais ses services soupçonnent les deux grands groupes chinois installés sur ce marché, Huawei et ZTE, de bénéficier de soutiens publics chinois sous forme de crédits à taux préférentiel.

Cette action intervient à un moment sensible pour les équipementiers européens, le suédois Ericsson, le finlandais Nokia Siemens et le français Alcatel-Lucent, qui veulent accroître leurs activités en Chine en gagnant des contrats auprès des opérateurs télécoms chinois qui investissent dans le déploiement de réseaux de télécommunications de nouvelle génération dans le pays. Aucun d'eux n'a de ce fait porté plainte auprès de l'exécutif européen, par crainte d'éventuelles représailles contre leurs activités.

L'enquête ex officio envisagée par la Commission offre ainsi aux équipementiers européens de télécoms « un bouclier » contre le risque de rétorsion commerciale de la part de Beijing, pour reprendre le terme utilisé par le porte-parole du commissaire au Commerce, John Clancy, questionné après avoir lu une déclaration de M. De Gucht. Rejetant l'idée d'une guerre commerciale entre l'UE et la Chine, déjà alimentée par le contentieux sur l'industrie photovoltaïque, M. Clancy a pressé les autorités chinoises de « faire un pas et s'engager dans des négociations formelles » avec Bruxelles. « Le temps presse », a-t-il ajouté, refusant de donner des précisions sur la durée du délai laissé à Beijing avant le lancement officiel d'une enquête.

Les services de la Commission « rassemblent des preuves depuis plus d'un an » contre les pratiques commerciales déloyales dont bénéficient les équipementiers chinois de télécommunications, a ajouté le porte-parole de M. De Gucht, insistant sur la justification de l'enquête envisagée. « La défense commerciale est justifiée et une réponse normale dans un cadre légal. Quand nous agissons, nous le faisons sur la base de preuves », a martelé M. Clancy. Selon l'exécutif européen, les exportations chinoises d'équipements télécoms vers le marché européen représentent un peu plus d'un milliard d'euros par an environ.

La Commission a proposé la semaine dernière aux États membres d'imposer de lourdes taxes (de 47% en moyenne) sur les exportations de panneaux solaires chinois. Les capitales doivent approuver d'ici la fin mai ces droits antidumping provisoires, dans l'attente de la clôture d'ici décembre de l'enquête antidumping menée par l'exécutif européen. Beijing avait immédiatement répliqué la semaine dernière en annonçant une enquête antidumping sur des tubes sans soudure produits dans l'UE. 18 des 31 enquêtes antidumping menées par la Commission actuellement concernent des produits chinois. (EH)

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