Bruxelles, 15/05/2013 (Agence Europe) -François Hollande, le président français, a promis de poursuivre les réformes pour regagner en compétitivité alors que la récession frappe tous les pays de l'UE, lors de sa rencontre mercredi 15 mai avec le collège des commissaires européens. Lors d'une conférence de presse avec José Manuel Barroso, il a déclaré que le plus important pour lui n'est pas tant la correction des déficits budgétaires que la correction des écarts de compétitivité.
François Hollande a rappelé que la France était en récession (baisse de 0,2% de la croissance, durant le dernier trimestre 2013 et le premier trimestre 2013). Il a salué le « pragmatisme » de la Commission sur le délai de deux ans accordé à la France pour ramener son déficit public sous la barre des 3% du PIB. Il a promis que le temps qui est donné doit être mis au service de réformes de compétitivité et donc de croissance. M. Hollande a rappelé les réformes déjà faites depuis son arrivée au pouvoir (pacte de compétitivité, réforme du marché du travail et réforme bancaire). « Mais nous allons continuer, non pas car l'Europe nous le demande, mais parce que c'est dans l'intérêt de la France», a-t-il dit. Il a stigmatisé le problème des écarts de compétitivité dans la zone euro qui empêche toute cohérence dans la politique économique.
« Ce que je veux pour l'Europe c'est qu'elle montre la même volonté pour la croissance qu'elle a montré de la détermination pour la réduction des déficits », a déclaré par ailleurs François Hollande. Il a refusé toute idée visant à « nouer une alliance avec l'Italie contre l'Allemagne », car ce serait « mal servir les intérêts de l'Europe ».
« France et Commission sont d'accord sur l'urgence de relancer ensemble les moteurs de la croissance en Europe », a souligné le président de la Commission, José Manuel Barroso. Il a conseillé à la France d'« accélérer les réformes structurelles dont dépend la croissance » et d'enrayer sa perte de compétitivité. La Commission présentera le 29 mai ses recommandations pays par pays de réformes pour la croissance et l'emploi. Elles devront être endossées en juin par le Conseil européen.
M. Barroso a affirmé, au sujet de l'accord commercial avec les États-Unis, que « la Commission ne négociera pas ce qui fait aujourd'hui l'exception culturelle, à savoir les quotas dans le secteur de l'audiovisuel et les subventions accordées par les États ». Il ne faut pas exclure le secteur audiovisuel de l'accord, mais l'exemption culturelle n'est pas négociable, a encore affirmé le président de la Commission. La Commission devrait présenter le 5 juin un plan d'action pour l'industrie de l'acier, a confirmé enfin M. Barroso. (LC)