Bruxelles, 06/05/2013 (Agence Europe) - L'Allemagne n'en démord pas: toute solidarité financière interétatique, notamment dans le domaine bancaire, nécessitera une modification de traité.
« Idéalement, l'union bancaire aurait besoin d'un mécanisme de restructuration européen uniforme. Ceci nécessite effectivement une modification des traités. En Allemagne, nous y sommes prêts, mais d'autres pays craignent que ça ne dure trop longtemps », a déclaré le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, dans une interview parue lundi 6 mai dans le quotidien français Les Échos. « En attendant, nous allons donc créer un réseau d'autorités nationales de restructuration » afin d'« entériner l'union bancaire dans les délais que nous nous sommes fixés », a-t-il ajouté. Pour Berlin, l'harmonisation des règles régissant les fonds nationaux de restructuration, actuellement en discussion au Conseil et au Parlement européen, ne doit pas prévoir de solidarité financière contraignante entre États membres (EUROPE n° 10833 et n° 10840).
Dans le même registre, la chancelière allemande Angela Merkel avait rejeté, fin avril, tout régime européen unifié de garantie des dépôts en dessous de 100 000 euros (EUROPE n° 10835).
M. Schäuble a également estimé que l'introduction d'un fonds d'amortissement ('redemption fund'), qu'ont imaginé des économistes allemands pour gérer temporairement les dettes excessives des pays de la zone euro, est, là encore, « absolument impossible sans un changement des traités européens ». Selon lui, pour construire l'Europe « correctement sur le long terme », « nous n'échapperons pas au besoin de réformer les institutions et de les rendre plus démocratiques », cette démarche impliquant « naturellement d'abandonner une part de souveraineté ». (MB)