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Bulletin Quotidien Europe N° 10841
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) bangladesh

Accidents industriels, De Gucht veut un code de conduite

Bruxelles, 06/05/2013 (Agence Europe) - Le commissaire au Commerce veut soumettre les clients des usines bangladaises à des normes de sécurité strictes. La tragédie de Savar a fait plus de 600 victimes.

Le bâtiment qui s'est effondré le 24 avril à Savar, près de Dacca, au Bangladesh, a coûté la vie à 610 personnes, selon le bilan établi ce week-end, après la découverte de nouveaux corps sous les décombres. Près de 3 000 ouvriers se trouvaient au sein du Rana Plaza lorsqu'il s'est effondré, provoquant la pire catastrophe industrielle du Bangladesh, deuxième exportateur mondial de textile après la Chine. D'après son architecte, un professionnel reconnu et professeur universitaire, le bâtiment avait été conçu en 2004 pour abriter un centre commercial et des bureaux, mais pas des usines textiles. Le complexe Rana Plaza, qui abritait cinq ateliers de confection notamment liés aux marques espagnole Mango et britannique Primark, avait été rehaussé de trois niveaux de manière illégale, et ne respectait pas les normes de sécurité.

De Gucht condamne un esclavage moderne. Dans des entretiens accordés le week-end passé aux médias belges RTBF et Le Soir, Karel De Gucht fait part de son intention de développer avec les clients européens et américains des usines textiles au Bangladesh un code de conduite qui les contraindrait à respecter des normes strictes en matière de santé et de sécurité des ouvriers. « Ces gens sont sous payés voire non rémunérés, et surtout, ils doivent travailler dans des conditions sanitaires et de sécurité totalement inacceptables. C'est une sorte d'esclavage moderne », déplore le commissaire au Commerce, précisant qu'il rencontrera dans les prochaines semaines les représentants des firmes et marques européennes et américaines clientes des usines au Bangladesh pour développer un code de conduite sur leurs liens avec les fournisseurs. « Ils ne peuvent pas dire qu'ils sont aveugles à ce qui se passe », a-t-il insisté.

M. De Gucht rappelle aussi son souhait de proposer la suspension des préférences commerciales octroyées au Bangladesh si les autorités du pays ne prennent pas rapidement des mesures pour améliorer les normes du travail. « Elles doivent le faire dans un calendrier très clair et immédiat. Sinon, je suis prêt à lancer une enquête qui pourrait conduire à la suspension du mécanisme Tout sauf les armes, comme nous l'avons fait par le passé pour la Birmanie/Myanmar et le Sri Lanka », prévient-il. Le Bangladesh, qui exporte pour plus de 14,4 milliards d'euros de marchandises textiles par an vers l'UE, son premier débouché, bénéficie d'un accès libre de droits et de contingents au marché européen, au titre du mécanisme Tout sauf les armes, qui octroie, dans le cadre du système de préférences généralisés, un traitement de faveur aux pays les moins avancés. (EH)

 

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