Bruxelles, 02/05/2013 (Agence Europe) - Face à la morosité de la situation économique dans la zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé, jeudi 2 mai, avoir baissé son principal taux directeur de 25 points de base, à 0,5%, un nouveau plus bas historique.
Une décision qui aurait recueilli un « fort consensus » au sein du Conseil des gouverneurs, selon le président de l'Institut monétaire, Maria Draghi. Lors de sa conférence de presse mensuelle à Bratislava, il a une nouvelle fois répété que l'institution qu'il préside maintiendrait sa politique accommodante « aussi longtemps qu'il le faudra » et se tenait prête à agir si besoin. Cette nouvelle réduction de son taux directeur devrait « continuer à soutenir les perspectives de reprise » dans un contexte de récession prolongée et de chômage en hausse. Le PIB de la zone euro s'est contracté de 0,6% lors du quatrième trimestre de 2012, après un recul de 0,1% le trimestre précédent. Les conditions sur le marché du travail restent faibles, a-t-il également indiqué. Les prévisions d'inflation restent pour leur part « fermement ancrées », avec un léger déclin de 1,7% à 1,2% de mars à avril, appuyé notamment par « une chute significative des prix de l'énergie ».
Soucieuse de faciliter l'accès au crédit pour les entreprises, la BCE a annoncé sa décision d'entamer des « consultations avec les autres institutions européennes sur des initiatives visant à promouvoir un marché viable des 'asset backed securities' (ABS) garantis par des prêts aux sociétés non financières ». L'institut de Francfort poursuivra également des opérations de prêts à taux fixe et à allocation illimitée au minimum jusque juillet 2014. Selon M. Draghi, la BCE aurait l'esprit « ouvert » à la mise en place de taux négatifs de rémunération des dépôts. Cela pourrait jouer comme incitant aux crédits vers l'économie réelle. « Il est essentiel que la fragmentation des marchés de crédit dans la zone euro continue de décliner et que la résilience des banques soit renforcée là où il le faut », a-t-il estimé, appelant à une mise en œuvre rapide de l'Union bancaire, s'appuyant sur des mécanismes de supervision et de résolution uniques.
M. Draghi a appelé les États à poursuivre les réformes. « N'effilez pas les progrès que vous avez faits », a-t-il déclaré, reconnaissant que la consolidation budgétaire avait un effet de contraction à court et moyen terme. Pour atténuer cet effet, M. Draghi a préconisé une baisse des dépenses plutôt qu'une hausse des impôts. Il a déploré que plusieurs pays, dans l'urgence, ont eu recours à cette seconde option, « dans une région du monde où la fiscalité est déjà très élevée ». Et de juger que cela pourrait être rééquilibré. Le président de la BCE a réitéré que son institution ne pouvait en aucun cas se substituer à l'action des gouvernements et qu'elle n'était pas non plus « dans le business du financement monétaire ». La BCE a mis en circulation un nouveau billet de cinq euros, supposé être plus difficile à contrefaire. (EL)