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Bulletin Quotidien Europe N° 10839
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) italie

Letta et Barroso - un plan contre le chômage des jeunes dès juin

Bruxelles, 02/05/2013 (Agence Europe) - « Je retourne à Rome optimiste, plus optimiste encore que quand je suis parti », a déclaré le nouveau Premier ministre italien, Enrico Letta, jeudi 2 mai à Bruxelles, lors d'un point de presse avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, fort du soutien de ce dernier à des initiatives en faveur de la croissance et à des mesures urgentes contre le chômage des jeunes lors du Conseil européen de juin et avec un bon espoir de voir les mesures d'assainissement budgétaire décidées par son gouvernement être considérées comme suffisantes pour permettre à l'Italie de sortir de la procédure pour déficit excessif, à la fin du mois de mai. Cette visite était la dernière étape d'un voyage de deux jours qui l'a mené successivement à Berlin et Paris, où il a rencontré successivement la chancelière Angela Merkel et le président François Hollande, ainsi qu'à Bruxelles, où il a pu avoir des entretiens avec le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, le Premier ministre belge, Elio Di Rupo, et le président du Parlement européen, Martin Schultz.

À tous ses interlocuteurs, Enrico Letta a confirmé que l'Italie compte respecter les engagements budgétaires pris envers l'UE et a exposé les grandes lignes du plan élaboré par son gouvernement à cet effet et pour lutter contre l'urgence économique et sociale à laquelle son pays est confronté. Le détail de ces mesures et de leur financement - notamment comment financer le manque à gagner fiscal découlant de l'abolition de la taxe sur la résidence (IMU) imposée par le PDL de Silvio Berlusconi (EUROPE n° 10837) - sera communiqué à la Commission « dans quelques jours ou quelques semaines », avant le 29 mai, date à laquelle la Commission devrait décider, à l'occasion de sa revue de la situation économique des États membres, si oui ou non l'Italie pourra sortir de la procédure pour déficit excessif qui a été engagée à son encontre fin 2009. Après son entretien avec le Premier ministre italien, le président de la Commission s'est dit à cet égard « très confiant », sous réserve de connaitre le détail des mesures italiennes, « qu'il sera possible que l'Italie puisse sortir de la procédure de déficit budgétaire ». Selon lui, l'Italie devrait pouvoir financer de façon crédible ses nouvelles mesures pour maintenir son déficit budgétaire sous la barre des 3% de PIB pour la fin de 2013 et pour maintenir une position budgétaire en termes structurels lui permettant de réduire progressivement une dette qui atteint presque 130% du PIB.

L'autre message fort porté par le Premier ministre italien a été la nécessité d'un engagement immédiat de l'Union pour relancer la croissance et lutter contre le chômage des jeunes, ce dernier point étant « la » priorité pour son gouvernement. Il est important, selon lui, que, déjà lors du prochain sommet européen, « en juin, et non l'année prochaine, il y ait pour les citoyens européens des signaux forts qui leur permettent de retrouver l'espoir et la confiance ». Ce message a été relayé aussi par le président de la Commission européenne, qui a admis que l'exécution du Pacte pour la croissance décidé l'an dernier par les chefs d'État et de gouvernement « reste en dessous de nos attentes » et qu'il serait « excellent si l'on arrivait à le renforcer pour juin avec un plan plus ambitieux de lutte contre le chômage des jeunes », en raison de l'urgence sociale. Selon le président de la Commission, il est essentiel de ne pas mettre en contradiction les besoins de rigueur budgétaire avec les mesures en faveur de la croissance. « Il faut aller au delà des la politique de correction des déficits par des mesures de réforme, de compétitivité de l'économie et des mesures qui, dans le court terme, peuvent relancer l'espoir »

L'autre point abordé par les deux dirigeants en vue du sommet a été la nécessité de compléter l'Union bancaire, « très importante », selon M. Letta, pour « disposer des capitaux pour investir à des taux plus bas » et pour donner crédibilité au projet européen. (FG)

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