Bruxelles, 30/04/2013 (Agence Europe) - Alors que la commissaire en charge des Droits fondamentaux, Viviane Reding, a indiqué la semaine dernière qu'une nouvelle procédure d'infraction serait « probablement » lancée contre la Hongrie au sujet des récentes modifications apportées à la Constitution, le parlement hongrois a adopté lundi soir une résolution condamnant à l'inverse une déclaration de Viviane Reding qui avait, en mars, critiqué le système judiciaire hongrois, rapporte l'AFP.
La résolution a été adoptée par 277 voix pour, 53 contre et 7 abstentions. « Il est inacceptable que Viviane Reding qualifie de compréhensible la procédure irlandaise qui viole les directives fondamentales de l'Union européenne », stipule cette résolution qui demande à Mme Reding de faire son maximum pour « la coopération juridique entre les pays membres de l'UE, en particulier en ce qui concerne la reconnaissance mutuelle des décisions des tribunaux ». Dans un article paru en mars dans le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, Viviane Reding avait jugé « compréhensible » le refus de l'Irlande d'extrader en Hongrie un citoyen irlandais impliqué en 2000 dans un accident de la route mortel en Hongrie. En juin dernier, la Cour suprême irlandaise avait décidé de ne pas renvoyer vers Budapest son ressortissant irlandais. L'homme y avait été condamné à 3 ans de prison par contumace. « Personnellement, je n'étais pas surprise - cela remontait à une période durant laquelle de nombreuses décisions avaient été prises en Hongrie et qui soulevaient des questions sur l'indépendance du système judiciaire hongrois », avait affirmé la commissaire au quotidien. Le ministre de la Justice hongrois, Tibor Navracsics, s'était déjà plaint fin mars auprès du ministre irlandais Alan Shatter des propos qualifiés « d'outrageants » tenus par la vice-présidente. Des propos « scandaleux et absolument inacceptables », avait jugé le ministre hongrois pour qui la commissaire ne devait pas lier son opinion personnelle à cette décision de la Cour suprême irlandaise. À Bruxelles, cette résolution est surtout vue comme un moyen d'instrumentaliser cette affaire à des fins politiques, d'autant plus à l'heure « où la Commission finalise justement, quelle coïncidence, son analyse légale sur la situation hongroise », relève une source de la Commission. (SP)