Bruxelles, 30/04/2013 (Agence Europe) - L'indicateur de la situation sur le marché du travail a de nouveau viré au rouge: avec un taux de 12,1%, la zone euro a atteint, au mois de mars, un record en matière de chômage. Si celui-ci offre un aperçu du moment présent, où la situation est « inacceptable », selon les termes du commissaire Laszlo Andor (Emploi), un autre indicateur, qui est tourné cette fois vers l'avenir, témoigne de perspectives tout aussi moroses. En effet, l'indice de confiance des chefs d'entreprise et des consommateurs a nettement reculé en avril.
Juste après la publication, mardi 30 avril, des dernières estimations d'Eurostat (l'Office statistique de l'UE) pour le mois de mars, M. Andor s'inquiétait déjà des dommages potentiels d'un « nombre sans précédent de gens sans travail et de l'urgence sociale provoquée par la récession ». Il y a ainsi un risque que « la confiance soit endommagée dans les systèmes politiques et économiques partout en Europe », prévient-il.
La recette pour y faire face restera pourtant la même. Malgré des appels venant de toutes parts, notamment du nouveau Premier ministre italien, Enrico Letta, l'approche de la Commission ne changera pas. M. Andor a donné un résumé succinct de ce que la Commission attend des États membres: interventions sur la demande (baisse du coût du travail) ; poursuite des réformes structurelles (pour dynamiser le marché du travail) ; investissements dans la formation et dans les services publics de l'emploi.
Sur un an, 19 États membres ont connu une hausse du chômage, contre huit où il a baissé. Le mois de mars a ainsi vu une nouvelle hausse générale du chômage dans la zone euro, de 0,1%. Du côté de l'ensemble de l'UE, ce taux est resté stable, à hauteur de 10,9%. Le nombre de jeunes sans travail est resté le même entre février et mars: ils sont 24% dans la zone euro et 23,5% dans l'UE. Les pays les plus touchés par la crise continuent de voir croître inexorablement le nombre de leurs citoyens sans emploi. C'est le cas de l'Espagne, où le chômage a atteint 26,7% au mois de mars, selon Eurostat. Mais Madrid a au même moment prévenu que ce taux serait plus probablement aux alentour de 27,2% à la fin du premier trimestre, avec 57% des jeunes espagnols sans emploi. La situation est semblable en Grèce: respectivement, 27,2% (janvier 2013) et 59,1%.
Le 'paria' de cette tendance est certainement l'Allemagne, dont le taux de chômage est resté inchangé depuis septembre 2012, pour se maintenir à 5,4%. Mais à en croire plusieurs indicateurs, le pays le plus peuplé de l'UE pourrait être en passe d'être rattrapé par la crise. Son indicateur de confiance des chefs d'entreprise et des consommateurs, que la Commission européenne a présenté lundi 29 avril, est parmi ceux de la zone euro qui a le plus baissé (- 2,3%). Un autre indice constitue la révision à la baisse, plus forte que prévue, du bénéfice net et des ventes réalisées par le constructeur automobile Daimler, symbole de la puissance de l'industrie allemande. Globalement, la confiance plonge en Europe. L'indice qui en témoigne s'inscrit aujourd'hui à 88,6 points dans la zone euro et à 89,7 dans l'UE, soit des baisses respectives entre les mois de mars et avril de 1,5 et 1,8. (JK)