Bruxelles, 22/04/2013 (Agence Europe) - Réagissant immédiatement à la nouvelle, les Européens ont salué, le 19 avril, l'accord obtenu entre la Serbie et le Kosovo pour normaliser leurs relations. La plupart l'ont qualifié d'« historique » et ont appelé à sa mise en œuvre. Ils sont salué le travail des premiers ministres serbe, Ivica Dacic, et kosovar, Hashim Thaçi, et de la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton.
Soulignant que l'accord « marque un moment important dans la relation entre la Serbie et le Kosovo ainsi que dans leurs relations avec l'UE », le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a précisé qu'il « représente une avancée majeure du fait que les parties se sont engagées à travailler ensemble vers un avenir dans l'UE ». Il a encouragé les parties « à continuer avec la même approche constructive en ce qui concerne la mise en œuvre » du texte. « Des résultats concrets dans la mise en œuvre sont essentiels, il n'y a pas de raccourcis », a-t-il prévenu.
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, s'est dit convaincu que l'accord « va ouvrir la voie pour que le Conseil prenne des décisions sur les prochaines étapes sur la voie européenne » de Belgrade et Pristina. « Les habitants de la Serbie et du Kosovo veulent aller de l'avant et faire de leurs perspectives européennes une réalité », a-t-il ajouté. « Il est maintenant crucial que les dirigeants politiques et le grand public en Serbie et au Kosovo soutiennent l'accord et contribuent activement à le mettre en œuvre. C'est une occasion à ne pas manquer », a souligné le commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle.
Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a aussi salué cet accord « qui s'est fait longtemps attendre ». Les rapporteurs du PE sur la Serbie et le Kosovo, Jelko Kacin (ADLE, slovène) et Ulrike Lunacek (Verts/ALE, autrichienne), ont également salué cet accord. Pour Mme Lunacek, il montre que l'UE est « un soft power international efficace ».
De nombreuses diplomaties européennes se sont aussi félicitées de cette entente, appelant à sa mise en œuvre au plus vite.
Un accord en 15 points. L'accord entre Belgrade et Pristina, en 15 points, souligne, entre autres, la création d'une association/communauté des municipalités à majorité serbe du Kosovo et en explique les principales caractéristiques. Des élections vont être organisées dans les municipalités du nord en 2013. Le texte précise que la police au Nord Kosovo sera intégrée à la structure de la police du Kosovo. Un commandant régional de la police pour les quatre municipalités à majorité serbe du nord, qui sera serbo-kosovar, sera nommé et la composition de la police dans le nord va refléter la composition ethnique de la population des quatre municipalités. Les autorités judiciaires seront intégrées et fonctionneront dans le cadre juridique du Kosovo. Des changements sont aussi prévus au niveau de la Cour d'appel. Les discussions concernant l'énergie et les télécoms, qui devront être intensifiées, doivent finir d'ici le 15 juin. « Aucune des deux parties ne bloquera ou n'encouragera les autres (pays) à bloquer les progrès de l'autre » pays dans sa voie vers l'UE, annonce le texte. Un comité de mise en œuvre va être établi par les deux parties, avec l'assistance de l'UE. (CG)