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Bulletin Quotidien Europe N° 10827
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) portugal/irlande

Les maturités des prêts européens étendues de 7 ans

Dublin, 15/04/2013 (Agence Europe) - La maturité moyenne de tous les prêts accordés à l'Irlande et au Portugal par les fonds européens de sauvetage sera allongée de 7 ans.

Le Conseil Écofin a pris cette décision pour les prêts accordés par l'UE au titre du Mécanisme européen de stabilisation financière (MESF), vendredi 12 avril, lors de sa réunion informelle, après la décision de l'Eurogroupe de faire de même pour les prêts octroyés par le Fonds européen de stabilité financière (FESF) (EUROPE n° 10826).

En lissant dans le temps leurs échéances de remboursement initialement prévues d'ici à 2020, les deux pays voient leurs besoins budgétaires allégés à un moment où ils s'emploient à retrouver leur autonomie financière, d'ici à fin 2013 pour l'Irlande et au printemps 2014 pour le Portugal. Il s'agit d'une « étape très significative en vue de restaurer la capacité de l'Irlande à se refinancer sur les marchés », a estimé le ministre irlandais Michael Noonan, pour qui les efforts entrepris visent à faire de l'île, à nouveau, « un pays normal ». Depuis le sauvetage financier lié à la débâcle de son secteur bancaire, l'Irlande a reçu 18 milliards d'euros du FESF et 22,5 du MESF.

Après avoir obtenu un premier bol d'air avec l'allègement des conditions budgétaires liées la restructuration d'Anglo Irish Bank, c'est la 2ème concession obtenue par Dublin des créanciers européens dans sa quête de retour à la normalité. Le pays participera activement, d'ici à juin, aux travaux de l'Eurogroupe sur les modalités de la recapitalisation bancaire directe par le Mécanisme européen de stabilité (MES) afin d'y inclure une rétroactivité possible des règles (voir autre nouvelle). Alléger la dette publique irlandaise à travers un transfert de fonds propres injectés dans les banques AIB et Bank of Ireland au MES soulagerait encore la dette irlandaise. Espérant une issue positive aux négociations en cours, M. Noonan a prévenu que le processus prendra du temps. « Je ne m'attendrais pas à ce que le MES commence à recapitaliser directement des banques dès le début de l'année prochaine (…). Pas même en janvier », a-t-il indiqué.

La capacité de l'Irlande à sortir fin 2013 de son plan de sauvetage ne fait guère de doute. Après le succès d'une première émission de dette à long terme, le pays bénéficie de la confiance des marchés, le rendement sur les titres à 10 ans se situant désormais sous les 4%, bien inférieurs à ceux de l'Espagne et de l'Italie. Malgré un déficit de 7,7% du PIB pour 2013 presqu'inchangé par rapport à 2012, la Commission européenne prévoit une croissance du PIB irlandais de 1,1% cette année, alors que l'Eurozone dans son ensemble flirtera avec la récession, et une stabilisation du chômage sous les 15%. Reste que les mesures d'austérité rognent le niveau de vie des Irlandais. Plusieurs milliers d'entre eux ont défilé, samedi à proximité du Dublin Castle où avait lieu la réunion informelle des ministres des Finances, pour protester contre l'introduction d'une taxe spéciale sur la propriété immobilière qui, selon ses détracteurs, ponctionnera les classes moyennes et pas les grands propriétaires terriens.

Portugal. Malgré la volonté des Européens de faire du Portugal un pays du sud vertueux, la situation dans le pays est plus délicate. Engluée dans la récession (3,2% du PIB en 2012 et 1,9% en 2013 selon la Commission), Lisbonne peine à réduire son déficit budgétaire (6,3% du PIB en 2012). Ses créanciers ont accepté, pour la deuxième fois, de revoir la trajectoire d'assainissement des finances publiques portugaises, fixant le nouvel objectif de réduction du déficit à 5,5% pour 2013. Le Portugal, qui n'est pas encore réapparu sur les marchés de la dette à long terme, n'a pas reconquis la confiance des investisseurs, le rendement de la dette à 10 ans demeurant à un niveau supérieur à 6,6%. L'allongement des maturités des prêts vise également à favoriser une amélioration de la notation financière des deux pays demandeurs afin d'inciter les investisseurs de long terme à acquérir leurs titres de dette publique.

Afin de répondre aux inquiétudes exprimées par l'Allemagne et les Pays-Bas, les ministres ont insisté sur la nécessité, pour le Portugal, de respecter ses engagements budgétaires après que la Cour constitutionnelle du pays a rejeté certaines mesures du budget 2013 évaluées à 1,3 milliard d'euros. Le gouvernement portugais devrait présenter, dès cette semaine, les mesures compensatoires d'économie qu'il compte adopter pour combler le trou budgétaire. Ces mesures seront analysées par les créanciers du pays et entérinées dans les semaines à venir. (MB)

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