Bruxelles, 15/04/2013 (Agence Europe) - L'Assemblée parlementaire de l'Union pour la Méditerranée (AP-UpM), réunie jeudi 11 et vendredi 12 avril à Bruxelles pour sa 9ème session plénière, a terminé ses travaux par la désignation à sa présidence de Sa'ad Hail al-Sourour, président du parlement jordanien. Il remplace à ce poste Martin Schulz, président du Parlement européen.
L'AP-UpM a lancé un appel au soutien des pays voisins de la Syrie confrontés à un afflux de réfugiés et a rappelé la position classique sur le Proche-Orient en mettant sur pied d'égalité la responsabilité des violences autour de Gaza, ce qui a suscité des débats nourris mais sans conséquence. La formulation vivement contestée a été finalement préservée.
Une résolution finale a été adoptée détaillant une longue série de recommandations politiques, économiques, sociales, culturelles adressées aux institutions de l'UE, à ses États membres et aux 43 États membres de l'UpM. La principale recommandation vise à renforcer la dimension parlementaire de ce dialogue qui peine à se développer.
Pour Martin Schulz, président sortant de l'Assemblée EuroMed, « si les parlements sont la nouvelle source de légitimité dans le monde arabe en transformation, alors l'Assemblée parlementaire de l'UpM doit elle aussi être la nouvelle source de légitimité des relations euro-méditerranéennes rénovées ».
Le contexte politique, économique et de restrictions budgétaires est en cause pour expliquer le difficile décollage de la politique euro-méditerranéenne. M. Schulz, comme de nombreux autres parlementaires présents, ajoute à ces obstacles connus la désaffection des gouvernements faiblement mobilisés et dont il « a déploré le désintérêt ». Les gouvernements « ne font pas assez » pour soutenir l'initiative, a déploré M. Schulz, qui estime que cela ne sert à rien de faire des propositions « si on se heurte à la faible volonté politique et à l'austérité ».
« Le dialogue parlementaire et notre Assemblée commune sont parmi les meilleurs outils pour bâtir la confiance, donner une nouvelle impulsion et crédibilité aux projets tangibles, allant du rôle prépondérant des femmes à la gestion de l'eau, de la coopération dans le domaine de l'énergie au renforcement des institutions », a ajouté le président du PE.
L'Assemblée parlementaire a également appelé à une mise en œuvre accélérée des projets concrets de l'Union pour la Méditerranée, notamment dans le domaine des énergies renouvelables et de protection de l'environnement: le 'plan solaire méditerranéen', le réseau de villes « écocités », les parcs sous-marins protégés, la bonne gestion des déchets. Les parlementaires se sont prononcés pour la création d'un « instrument financier spécifique » et en faveur d'une meilleure coordination des investissements des banques et des institutions européennes dans la région. Cependant, certains parlementaires ont rappelé les limites de l'exercice dans le contexte économique actuel. L'Assemblée a tout de même rappelé les engagements financiers pris par les gouvernements au sommet de Paris de 2008 et à Deauville en 2011.
Parmi les recommandations dans le domaine de la culture figure la création d'une chaîne de télévision euro-méditerranéenne multilingue et le financement des programmes universitaires tels que 'Erasmus Mundus'.
Par ailleurs, la Bosnie-Herzégovine a été accueillie comme nouveau membre de l'Assemblée parlementaire de l'Union pour la Méditerranée et de l'Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne (ARLEM) en tant que nouvel observateur. (FB)