Bruxelles, 15/04/2013 (Agence Europe) - La directive avait été rapidement adoptée et les États membres s'étaient montrés à l'époque très concernés. Deux ans après, ils ne sont pourtant que six à avoir transposé la directive visant à lutter contre la traite des êtres humains dans l'UE, à savoir la Hongrie, la République tchèque, la Suède, la Finlande, la Pologne et la Lettonie. C'est ce paradoxe qu'a critiqué lundi la commissaire aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, à l'occasion d'une conférence de presse. La responsable suédoise a également déploré le nombre croissant de victimes identifiées dans l'UE, 23 632 personnes entre 2008 et 2010, quand le nombre de condamnations de trafiquants a lui diminué, les condamnations ayant reculé de 13% au cours de cette période.
Les États membres devaient transposer la directive sur la prévention et la lutte contre la traite des êtres humains au 6 avril 2013, mais seulement 6 pays ont notifié une transposition complète et 3 autres une transposition partielle (Belgique, Slovénie, Lituanie). La directive prévoit, entre autres, la poursuite des auteurs, l'aide aux victimes, la protection de leurs droits dans la procédure pénale et la prévention. Elle prévoit aussi la mise en place, dans chaque État membre, d'un rapporteur national ou d'un mécanisme équivalent, afin d'étudier les tendances, de constituer des statistiques et de mesurer les résultats de la lutte contre la traite. « Il est difficile d'imaginer que dans nos pays de l'Union libres et démocratiques, des dizaines de milliers d'êtres humains puissent être privés de leur liberté et exploités et puissent, comme des marchandises, faire l'objet d'un commerce lucratif », a estimé Cecilia Malmström. Et il « est grand temps que les États membres adaptent leur législation » et traduisent leurs engagements en actes.
Selon les données disponibles, le nombre total de victimes identifiées ou présumées est passé de 6 309 en 2008 à 7 795 en 2009, pour atteindre 9 528 en 2010, soit une augmentation annuelle de 18% au cours des trois années de référence ; 68% d'entre elles étaient des femmes, 17% des hommes, 12% des filles et 3% des garçons. La plupart des victimes identifiées ou présumées avaient fait l'objet de traite à des fins d'exploitation sexuelle (62%), à des fins de travail forcé (25%), suivis par une exploitation à des fins de prélèvement d'organes, d'activités criminelles ou de vente d'enfants (14%). La Commission note que la plupart des victimes découvertes dans les États membres étaient d'origine roumaine ou bulgare. En ce qui concerne les trafiquants, leur nombre total a connu un recul de 17% entre 2008 et 2010 et le nombre de condamnations a baissé de 13% sur cette même période. Une dernière tendance inquiétante, a jugé Mme Malmström. (SP)