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Bulletin Quotidien Europe N° 10805
INSTITUTIONNEL / (ae) pe 2014

Vers une vraie campagne européenne en 2014 ?

Strasbourg, 13/03/2013 (Agence Europe) - Voter pour le président de la Commission européenne en 2014 ? Une idée qui fait son chemin. Les commissaires à la Citoyenneté, Viviane Reding, et aux Relations interinstitutionnelles, Maros Sefcovic, prennent les devant et dévoilent leurs cartes en vue des prochaines élections européennes qui devraient se dérouler fin mai 2014. Ils recommandent, mardi 12 mars, que le statut des partis politiques européens soit clarifié, que ceux-ci nomment leur candidat à la présidence de la Commission et que les européens soient appelés aux urnes le même jour partout dans l'Union.

La Commission part d'un constat éloquent: la participation aux élections européennes est inférieure à 50%. Or les prochaines élections européennes de 2014 se dérouleront selon les nouveaux principes édictés par le traité de Lisbonne qui confère plus de pouvoir au Parlement européen. Les deux commissaires veulent préparer le terrain et formulent une série de recommandations. D'une part, les partis politiques nationaux devraient clairement afficher leur affiliation politique au niveau européen. D'autre part, ces partis, à l'instar des partis nationaux, devraient désigner leur chef de file qui, en cas de victoire, accéderait à la présidence de la Commission. Enfin, une date unique devrait être fixée pour la tenue des élections européennes, libre aux États membres de s'y tenir.

« Ce n'est pas une législation européenne », a précisé Mme Reding. Selon elle, « il doit y avoir une discussion entre le Parlement et le Conseil, car des clarifications après les élections pourraient être dommageables ». M. Sefkovic a espéré, pour sa part, qu'un accord sera marqué « avant l'été » entre les institutions européennes à propos du statut des partis politiques européens sur la base de la proposition de règlement sur la table depuis 2012 (EUROPE n° 10687). Ces nouvelles recommandations devraient contribuer à « induire vraiment un regain d'intérêt des électeurs pour les élections européennes », a-t-il considéré. Et d'ajouter: « Ce sera forcément une bonne chose, qui encouragera des débats véritablement paneuropéens, et confortera la démocratie européenne en général. » Il a caressé l'idée d'une seule et vraie campagne électorale européenne, au lieu de 27 campagnes nationales fragmentées. Pour Mme Reding, une campagne paneuropéenne permettrait d'évacuer les enjeux locaux. « Je ne dis pas que c'est mal, mais des sujets uniquement locaux, ce n'est pas assez. » « Certains ont rêvé de listes transnationales, un jour nous les aurons. D'autres ont rêvé de l'élection du président de la Commission par vote populaire, un jour cela arrivera. Nous sommes à une étape intermédiaire », a-t-elle estimé.

Pour défendre leurs recommandations, les commissaires peuvent s'appuyer sur un sondage Eurobaromètre publié le même jour selon lequel 73% des européens seraient enclins à voter s'ils étaient mieux informés sur les affiliations politiques des candidats européens. Même chose pour 62% des personnes interrogées si le/la candidat(e) à la présidence de la Commission était désigné(e) par les partis européens et si le jour de scrutin était unique. (MD)

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