Bruxelles, 13/03/2013 (Agence Europe) - La crise économique favorise le marché des drogues illicites dans l'UE, selon une nouvelle étude de la Commission européenne publiée mercredi 13 mars. « Les jeunes, attirés par l'argent, devraient être de plus en plus nombreux à vendre ou à produire de la drogue, en particulier en cultivant du cannabis à domicile. D'un autre côté, la crise économique devrait également conduire à une diminution des budgets alloués à la politique antidrogue, notamment aux mesures de désintoxication et de réduction des effets nocifs des drogues », affirme notamment l'étude.
Cette étude, confiée à l'institut Trimbos et RAND Europe, se base sur la situation de 7 États membres, Pays-Bas, Bulgarie, Italie, République tchèque, Portugal, Suède et Royaume-Uni, et y analyse notamment l'impact des politiques de lutte contre la consommation et l'offre de drogue sur le fonctionnement du marché des drogues illicites dans l'UE. L'étude souligne qu'Internet joue un rôle de plus en plus important dans la distribution des drogues, indique un communiqué de la Commission. Elle dresse aussi un tableau économique du phénomène: le chiffre d'affaires du marché européen du cannabis, la drogue la plus consommée par les Européens, se serait ainsi situé entre 7 et 10 milliards d'euros en 2010. L'étude « confirme également que les mesures répressives contre la production et la distribution de cannabis augmentent considérablement le prix de cette drogue, les producteurs et les trafiquants exigeant une compensation pour les risques d'arrestation, d'incarcération, de saisie et de blessure grave qu'ils courent, ainsi que pour les frais occasionnés par la nécessité d'agir en cachette », explique la Commission.
Cette étude doit en tout cas être un « avertissement pour l'Europe », a dit Viviane Reding dans un communiqué. La vice-présidente de la Commission chargée de la Justice a « l'intention de proposer dans le courant de l'année une législation plus stricte sur les nouvelles substances psycho-actives et le trafic des drogues illicites ». D'après l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), 49 nouvelles substances psycho-actives avaient été officiellement notifiées pour la première fois en 2011 et pour 2012, 73 nouvelles substances avaient été repérées. (SP)