Bruxelles, 13/03/2013 (Agence Europe) - Le Premier ministre britannique, David Cameron, a annoncé, le 12 mars, que le Royaume-Uni pourrait fournir des armes à l'opposition syrienne, alors que l'embargo court au moins jusqu'au 1er mai. Précisant qu'il espère pouvoir persuader ses partenaires européens, continuer avec une « approche européenne » et ne pas avoir à « rompre avec une approche collaborative au sein de l'Union européenne », M. Cameron a expliqué que si les autres États membres ne sont pas d'accord, « il n'est pas impossible que nous procédions comme bon nous semble, c'est possible ». Le Royaume-Uni est « toujours un pays indépendant » avec « une politique étrangère indépendante », a-t-il rappelé devant une commission parlementaire, précisant que si « nous sentons qu'une action doit être prise pour aider au changement en Syrie et sentons que nos partenaires européens sont freinés, nous pourrions changer d'approche ». Il a indiqué que son pays n'a pas encore pris de décision quant à un possible veto de l'embargo sur les armes.
La France va agir pour un nouvel assouplissement de l'embargo
Le Royaume-Uni, tout comme l'Italie et la France, est favorable à un nouvel assouplissement de l'embargo, mais l'Allemagne ou la Suède, entre autres, sont plus réticentes. L'assouplissement ou la levée de l'embargo nécessite l'unanimité des 27. Le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, qui avait appelé, le 11 mars, à lever l'embargo sur les armes (EUROPE n° 10803) a souligné le 12 devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale française que « ce n'est pas mystère de dire que la France réfléchit à aller plus loin dans la levée de l'embargo, compte tenu des contraintes juridiques européennes. Il nous semble que c'est la position juste. Dans les jours qui viennent, il y aura un certain nombre de démarches qui seront faites dans ce sens ». Il n'a pas donné plus de précisions. Selon un haut responsable français cité par l'AFP, l'objectif français serait, entre autres, de fournir à l'opposition des moyens de défense antiaériens contre les hélicoptères et avions du régime (missiles sol air). « Il faut aux opposants des armes qui puissent contrer les attaques des avions », a expliqué ce haut responsable.
M. Fabius a également précisé que les Français et les Américains ont travaillé « au cours des dernières semaines » avec les Russes « à l'idée, qui n'a pas encore abouti, d'une liste de responsables syriens qui serait acceptable par la Coalition nationale syrienne », a-t-il annoncé.
L'UE rappelle que la solution doit être politique
De son côté, le porte-parole de la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères a rappelé que les États membres viennent juste de décider de prolonger les sanctions pour trois mois, et d'assouplir les restrictions sur le matériel non létal et une assistance technique pour aider l'opposition et protéger les civils (EUROPE n° 10797). « Nous allons continuer à travailler avec les 27 et nous pencherons sur la question de nouveau quand il s'agira de la prochaine révision, en tenant compte de l'évolution sur le terrain », a-t-il ajouté, rappelant qu'entre-temps les États membres vont continuer à « travailler avec détermination pour aider à trouver une solution politique - la seule façon de sortir de cette crise ». (CG)