Bruxelles, 28/02/2013 (Agence Europe) - Un accord politique sur la recommandation de la Commission européenne relative à la création d'un mécanisme de garantie pour la jeunesse dans tous les États membres a été marqué par le Conseil Emploi, jeudi 28 février. Cette mesure s'adresse aux Européens de moins de 25 ans, dont environ un quart aujourd'hui ne travaille pas, en vue de leur garantir « une offre de qualité pour un emploi, une éducation continue, une formation ou un cursus d'apprentissage » dans un laps de temps de quatre mois après la fin de leurs études.
L'UE s'est d'ores et déjà engagée à assurer un soutien financier à hauteur de six milliards d'euros, alors que le coût global de cette mesure est estimé à 21 milliards par l'Organisation Internationale du Travail.
« Cela marquera un nouveau début pour de nombreux jeunes en Europe », a affirmé la ministre irlandaise chargée de la Protection sociale, Joan Burton. Tous les intervenants ont insisté sur le fait que la 'Garantie pour la jeunesse' constituait enfin une réponse de l'UE sur le plan social à la crise économique et financière. Pour Mme Burton, « l'accord d'aujourd'hui est une étape cruciale dans la lutte contre la crise ».
Il reste toutefois difficile de prévoir quand effectivement cette recommandation sera mise en place, car, comme l'a fait remarquer le ministre français du Travail, Michel Sapin, il y a un long chemin entre la décision et sa matérialisation sur le terrain. La manière dont cette mesure se traduira dans les État membres est également une question qui reste en suspens, le Conseil ayant opté pour une « approche graduelle » de sa mise en œuvre qui préserve aussi le droit à une flexibilité afin de refléter les particularités nationales et régionales.
Italie, Espagne, Bulgarie et Irlande restent les pays les plus concernés par cette mesure, car ils ont ce point en commun d'avoir les taux les plus élevés des jeunes de moins de 25 ans qui ne sont ni étudiants, ni employés, ni stagiaires (NEET). Cette crise sociale a un coût économique que la Commission estime à 150 milliards d'euros, soit près de 1,2% du PIB annuel de l'UE.
Cet accord a été salué de toutes parts notamment par le Parlement européen. Le groupe PPE estime que c'est « un pas important pour tacler le chômage des jeunes ». Le groupe S&D parle d'« une grande victoire pour une Europe plus juste ». Les Verts et les libéraux rappellent, quant à eux, que cette idée avait depuis longtemps leur faveur. Tous soulignent néanmoins qu'il est maintenant temps de discuter de sa mise en œuvre et c'est là qu'ils voient le plus grand défi. (JK)