Bruxelles, 19/02/2013 (Agence Europe) - À peine les experts des États membres de l'UE avaient-ils donné leur feu vert à la mise en œuvre d'un plan de renforcement coordonné des contrôles pour détecter, sur le marché de l'UE, les fraudes à la viande de cheval, que la Commission adoptait formellement, mardi 19 février, la recommandation dans ce sens en réponse au scandale des plats préparés surgelés au cheval vendu pour du bœuf, (EUROPE n° 10787 et n° 10786).
Les quelque 2250 tests ADN visant à identifier l'espèce animale réellement contenue dans les plats cuisinés censés ne contenir que du bœuf et les tests de détection de possibles résidus de phénylbutazone dans la viande de cheval (minimum 5 tests par État membre à effectuer à raison d'un test par 50 tonnes de viande de cheval) vont donc débuter dans les 27 États membres. Réalisés pour une période initiale de 30 jours, ils seront cofinancés à 75% par la Commission européenne et pourront être reconduits pour deux mois.
Émoi parlementaire. La veille, à l'occasion d'un débat sur le scandale de la fraude à l'étiquetage, les membres de la commission de l'environnement, de la santé et de la sécurité des aliments du Parlement européen, avaient réclamé davantage de tests de la viande, tout au long de la chaîne alimentaire. Nombre d'entre eux s'étaient montrés inquiets quant à l'engagement des États membres à faire respecter les règles existantes de l'UE en matière d'étiquetage et avaient invité la Commission européenne à renforcer les contrôles.
Parlant de « fraude considérable », Peter Liese (PPE, allemand) conseillait simplement d'améliorer l'application de la législation existante, de renforcer les contrôles et d'introduire des tests ADN.
Favorable à l'étiquetage d'origine de la viande pour les produits en contenant, Linda McAvan (S&D, britannique) a rappelé que le Parlement avait, en son temps, soutenu cette mesure à laquelle les gouvernements s'étaient opposés, résultat: « Le système a échoué. » Pour Carl Schlyter (Verts/ALE, suédois), il est clair que « se concentrer sur des prix bas augmente le risque de fraude ». L'étiquetage d'origine de ces viandes permettrait aux entreprises de tisser des liens à long terme avec leurs fournisseurs et de réduire ainsi le risque. En outre, selon lui, « le risque de sanctions devrait être ressenti par les entreprises ».
« Pour de nombreuses personnes, manger du cheval est inacceptable. Imaginez si c'était du porc! », a lancé Chris Davis (ADLE, britannique). Et d'ajouter: « Où est la preuve que les contrôles ont été effectués par les autorités nationales? Idéalement, il faudrait faire des efforts en vue de sanctions communes au niveau européen. » Ana Rosbach (ECR, danoise) a, elle aussi, appelé à un meilleur étiquetage pour que le consommateur connaisse la provenance de la viande. Kartika Tamara Liotard (GUE/NGL, néerlandaise), quant à elle, a demandé à la Commission d'être « sévère envers les États membres qui n'appliquent pas la législation ».
Pour Paul Nuttall (EFD, britannique), c'est l'Europe qui est en cause. « La sûreté alimentaire est une compétence de l'UE, mais auparavant, le Royaume-Uni avait des normes plus élevées », a-t-il fait observer. Et de plaider pour que cette compétence retourne aux États membres car « nous ne sommes pas en mesure d'assurer que les aliments sont sûrs et étiquetés correctement. (...). Dans ce cas, la viande a voyagé dans cinq pays différents. C'est quasi impossible à contrôler ». (AN)