Bruxelles 19/02/2013 (Agence Europe) - Des élus de régions et représentants de pouvoirs locaux euroméditerranéens, regroupés au sein de l'ARLEM (Assemblée euro-méditerranéenne des régions et pouvoirs locaux), co-présidée par le Comité des régions de l'UE (CdR) ont tenu, le 18 février à Bruxelles, leur quatrième session plénière. Leurs discussions axées sur la « dimension territoriale » du dialogue entre les deux rives et sur le besoin d'une « cohésion » des approches en cours, se sont déroulées avec en arrière-plan les effets d'une double crise, économique au nord et politique, économique, sociale et sécuritaire au sud.
Pour le co-président européen, Ramon Luis Valcarcel Siso, président du CdR, tout doit être fait pour « ne pas laisser s'éteindre » la flamme des révolutions conduites par les sociétés civiles, en particulier par les jeunes en quête de démocratie et de liberté et, surtout, d'emplois. Il en résulte, a-t-il dit, un devoir pour l'UE de « s'ouvrir aux sociétés civiles », mais, a-t-il prévenu, « aucun modèle ne doit être imposé » et il appelle à ne pas chercher à « copier un schéma » typiquement européen. Le seul moyen serait de « développer nos villes et nos régions » et d'appliquer une dimension régionale à tous les projets euroméditerranéens. La même recommandation a été relayée par tous les orateurs qui lui ont succédé à la tribune, le co-président de la rive sud, l'Égyptien Ali Abderrahman, gouverneur de Gizeh, ou ensuite la commissaire Kristalina Georgieva, le secrétaire général de l'UpM, Fathallah Sijilmassi, et le vice-président de la BEI, Philippe de Fontaine Vive, lequel a rappelé que les ressources de la banque sont disponibles pour l'appui au développement urbain et les micro-projets. Le représentant de l'UE pour la région, Bernardino León a lui rappelé l'ampleur de l'aide européenne aux pays de la rive sud, affirmant le souci de l'UE face au risque d'une polarisation politique dans ces pays.
Pour le co-président égyptien, la territorialisation est le meilleur moyen de répondre aux aspirations des populations sur la rive sud et de satisfaire l'exigence à plus long terme d'un développement orienté vers l'intégration d'une région où il décèle un « destin commun » aux pays des deux rives, lesquelles, a-t-il été rappelé, forment ensemble « l'espace le moins intégré au monde » malgré un potentiel d'échanges qui serait prometteur.
Les démocraties nouvelles au sud ont « besoin d'instruments de coopération solides » et d'un « dialogue politique à tous les niveaux », une « territorialisation des politiques sectorielles » et « du développement du capital humain et, surtout, viser la création d'emplois », a-t-il dit.
Pour son collègue européen, président du CdR, « nous entrons dans une phase pratique » qui exige des réponses concrètes. Il souligne le besoin d'une impulsion propre à sortir le dialogue euro-méditerranéen de son piétinement actuel dans un contexte qui est, a-t-il été fréquemment rappelé, incertain, sinon risqué et qui mettrait à mal les acquis de l'ARLEM. Le risque serait aussi, selon M. Abderrahman, de démobiliser encore plus les pays membres. Il a, au passage, regretté la faible représentation des pays de la rive sud (7 délégués sur les 40 présents).
Le secrétaire général de l'UpM en a appelé au réalisme et à ne pas ignorer l'ampleur des « défis politiques, économiques et sociaux » et devoir en tenir compte pour arrêter un programme 2013 qui soit réalisable. Il estime qu'un des écueils est « l'absence de modèle » pour évoquer une coopération euro-méditerranéenne prometteuse. Il appelle aussi à évoquer dans ce cadre « la profondeur africaine » des relations établies de part et d'autre de la Méditerranée en même temps que de renforcer la cohésion d'une zone « la moins intégrée au monde ». (FB)