Bruxelles, 19/02/2013 (Agence Europe) - Peer Steinbrück, le candidat du SPD allemand aux élections législatives de septembre, s'est prononcé pour l'octroi à la France d'un délai supplémentaire pour respecter ses engagements budgétaires, mardi 19 février, lors d'une visite au Parlement européen.
Si le déficit français est de 3,2% ou 3,4% par rapport au PIB en 2013, « la France devrait bénéficier de cette flexibilité » en matière de délai pour ramener son déficit public sous la barre des 3%, a considéré M. Steinbrück. Selon lui, cette souplesse dans l'interprétation du Pacte de stabilité et de croissance amendé devrait être utilisée aussi pour tous les pays qui accomplissent de gros efforts de consolidation budgétaire mais peinent à atteindre leurs objectifs budgétaires en raison d'une croissance atone. Et les pays sous programme, tels que l'Irlande et le Portugal, devraient jouir de maturités plus longues en matière de remboursement de leurs prêts.
À la suite de la crise financière, le Conseil européen, sous la férule de l'Allemagne, a défini une politique économique surtout axée sur la consolidation budgétaire, a déclaré M. Steinbrück. Le problème avec cette politique « de plus en plus pro-cyclique », c'est que les économies en difficulté s'enfoncent davantage dans la crise, a-t-il ajouté. Fustigeant « la paupérisation » de la population grecque, il a mis en garde contre la transformation de la crise économique en crise politique avec le renforcement des partis radicaux à gauche et à droite de l'échiquier politique.
L'ancien ministre allemand des Finances a délivré sa recette pour une sortie de crise. Nécessaire, la consolidation budgétaire doit être mieux calibrée en panachant les économies avec des investissements ciblés porteurs de croissance. « La lutte contre le chômage des jeunes » devrait constituer une priorité, a-t-il estimé, évoquant une situation « explosive » en Espagne et en Grèce. Comment ces jeunes sans perspective d'avenir voient-ils aujourd'hui la démocratie et l'Europe, s'est-il interrogé. Par ailleurs, la réglementation financière et surtout des banques doit se renforcer. D'après M. Steinbrück, le Mécanisme européen de stabilité (MES) devrait uniquement servir à soutenir des États, tandis qu'un fonds européen alimenté par l'industrie elle-même devrait être d'abord mobilisé pour affronter les problèmes de liquidité et de solvabilité bancaires. (MB)