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Bulletin Quotidien Europe N° 10789
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) euro

Le répit que connaît l'euro n'est que de courte durée, selon Mme Berès

Bruxelles, 19/02/2013 (Agence Europe) - Le répit que connaît actuellement la zone euro n'est que « momentané si l'on ne fait pas ce que l'on doit faire », a prévenu Pervenche Berès (S&D, française), présidente de la commission de l'emploi et des affaires sociales au Parlement européen, mardi 19 février lors d'une audition publique au Comité économique et social européen (CESE). Ce n'est que récemment, selon elle, que l'on a pu diagnostiquer les causes de la crise. Or avoir le bon diagnostic est primordial si on veut trouver le bon remède. Si par le passé, en effet, la Grèce a pu être injustement désignée par certains comme unique responsable de ses problèmes, « chacun a (désormais) été obligé de reconnaître que ce sont les fragilités ou les inachèvements de la construction de la zone euro qui ont conduit à la crise, où la Grèce n'a été qu'un signal d'alerte ».

Selon le commissaire chargé des Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, il n'existe aucune grande réalisation qui est impeccable. Dans ses premières années, la monnaie unique a caché ses faiblesses et ses lacunes que la crise financière a fini par révéler au grand jour. Pour faire face à cela, des « efforts considérables ont été déployés » et des mesures de taille ont été prises, comme le renforcement de la gouvernance économique via le 'Semestre européen' et de la coordination des politiques économiques via le 'Six-pack'.

Ces étapes sont importantes mais ne sont qu'une des pierres angulaires de la stratégie européenne pour sortir de la crise. « Nous ne pouvons pas, et ne devons pas, limiter le débat sur le futur de l'Europe aux seules questions institutionnelles, peu importe combien elles sont importantes, il est au moins tout aussi important de nous concentrer sur la compétitivité de notre industrie. (…). Je veux voir une économie compétitive et inclusive qui nous permet d'atteindre une croissance durable et une création d'emplois (…) », a expliqué le commissaire. La zone euro doit désormais faire face à trois défis, selon lui: assurer cette croissance durable, poursuivre les efforts en matière de consolidation budgétaire et reconstruire l'Union économique et monétaire (UEM).

Pour le CESE, qui a planché sur la question de l'avenir de l'euro, le fait que les politiques de croissance se retrouvent toujours « sur la touche » est à déplorer, comme l'a souligné Carmelo Cedrone, rapporteur sur le projet d'avis que le CESE entend entériner en avril à ce sujet.

Sur ce point, Pervenche Berès est ravie que les conclusions du Sommet européen des chefs d'État et de gouvernement ouvrent la voie à une dimension sociale dans le cadre du renforcement de l'UEM. Elle a d'ailleurs souligné l'importance des travaux « initiés au FMI mais aussi au groupe socialiste au Parlement européen, (…) » qui mettent en exergue les risques d'une consolidation budgétaire qui sous-estimerait l'effet multiplicateur des mesures d'austérité. La Commission européenne a plusieurs fois répondu aux critiques concernant le maintien de son cap en ce qui concerne ces politiques d'austérité. M. Rehn a expliqué qu'une dette publique frôlant 100% du PIB plombait le dynamisme économique et minait la croissance pour plusieurs années. L'approche de la Commission est adaptée en fonction des défis spécifiques que rencontre chaque État. « Si la croissance se détériore d'une manière inattendue, un pays peut se voir accorder du temps supplémentaire pour corriger son déficit excessif, sous réserve qu'il ait fourni l'effort budgétaire convenu (…) », a-t-il déclaré, refusant toutefois de se prononcer sur la possibilité d'accorder plus de temps à l'Espagne, avant d'avoir les chiffres des prévisions économiques que la Commission présentera ce vendredi. Dans l'autre sens, M. Rehn a précisé que l'UE bénéficiait de suffisamment d'outils pour s'assurer que les États membres respectent leurs engagements européens. « Il s'agit de mettre en pratique ce que l'on prône », a-t-il expliqué, tout en préférant mettre l'accent sur la prévention plutôt que sur les sanctions. (EL)

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