Bruxelles, 15/01/2013 (Agence Europe) - La recapitalisation du secteur bancaire chypriote « devrait venir du Mécanisme européen de stabilité, sans que cela soit une charge pour Chypre », a estimé le président chypriote, Demetris Christofias, mardi 15 janvier lors d'une conférence de presse au Parlement européen. Selon lui, ce besoin de recapitalisation étant lié « à certaines mesures relatives à la dette grecque » dont la décote a coûté cinq milliards d'euros aux banques de l'île, il serait donc plus juste que le renforcement des fonds propres des banques chypriote s'effectue « sans transiter par le budget gouvernemental ». Les modalités d'une recapitalisation bancaire directe, qui permettrait à l'Eurozone de venir en aide à des établissements financiers sans plomber la dette publique du pays concerné, devraient être définies au premier semestre 2013.
Sur les mesures préconisées par les futurs créanciers de Chypre, Martin Schulz, président du PE, a jugé injuste que la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) n'ait aucune « responsabilité démocratique à assumer ». Et devrait « justifier les mesures qu'elle adopte devant le Parlement européen », afin que le citoyen n'ait pas l'impression d'être gouverné par une « puissance obscure ». Aucun accord n'a, pour l'heure, été marqué sur le plan d'aide sollicité en juin par Nicosie. Cette situation s'explique, selon M. Christofias, par l'attente « des précisions » sur le montant de l'aide requis. Les estimations des besoins du secteur bancaire, établies par Pimco, devraient être connues ce vendredi. Celles-ci devraient se situer entre sept et dix milliards d'euros et de ce fait atteindre 60% du PIB chypriote, alors que la dette chypriote atteindra 96,7% du PIB en 2013, selon les prévisions de la Commission européenne.
Quant aux accusations sur le blanchiment d'argent à Chypre, « nous avons fait tout ce qui était humainement possible pour effacer ces rumeurs », s'est défendu M. Christofias. Et d'ajouter que les détracteurs s'étaient montrés incapables de fournir les preuves de ce qu'ils avançaient. « Je ne pense pas que cela tienne la route », a-t-il encore considéré. Alors que les élections auront lieu en février sur l'île, le président chypriote n'est pas candidat à sa propre réélection. Interrogé sur la possibilité que ce ne soit pas lui qui signe le protocole d'accord avec la zone euro, il a fait la déclaration suivante: « Si l'Eurogroupe et la 'troïka' sont prêts à signer le mémorandum sur lequel on est finalement tombés d'accord, alors nous le sommes aussi. Sinon ce sera le nouveau gouvernement qui devra reprendre le flambeau. (…) Mais nous sommes prêts à assumer nos responsabilités. » (EL)