login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10764
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mali

Un Conseil extraordinaire des Affaires étrangères est convoqué jeudi

Bruxelles, 15/01/2013 (Agence Europe) - Une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères des Vingt-sept exclusivement consacrée à la situation au Mali sera convoquée jeudi 17 janvier à Bruxelles par Catherine Ashton, la Haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité de l'UE, pour faire le point sur les possibles actions de l'UE en appui au Mali, y compris le déploiement rapide de la mission EUTM Mali visant à former et conseiller les forces armées maliennes, une assistance financière et logistique pour le déploiement de la Mission internationale de soutien au Mali (AFISMA), et tout autre soutien direct au gouvernement malien pour l'aide à faire face à la situation actuelle. La décision, annoncée en ces termes lundi soir, à l'issue d'une réunion de la plateforme de crise sur le Mali (EUROPE n° 10763), a été confirmée par Mme Ashton mardi 15 janvier devant le Parlement européen à Strasbourg, au quatrième jour de l'intervention militaire de la France. C'est le lancement de l'opération Serval et la volonté de l'UE d'accélérer ses préparatifs pour déployer au plus vite sa mission EUTM Mali qui a motivé cette convocation.

Mme Ahston a remercié Martin Schulz, président du Parlement européen, d'avoir inscrit ce débat sur le Mali à l'ordre du jour de la session plénière. Elle a surtout remercié la France et les pays de la CEDEAO d'être venus en aide au Mali. « La communauté internationale est unanime pour venir en aide au Mali », a-t-elle déclaré en rappelant que les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies des 10 et 14 janvier évoquent une menace pour la paix et la sécurité. « Nous devons agir pour des raisons stratégiques et humanitaires, comme la CEDEAO , les Nations unies et la France ont réagi à l'appel du président Traoré. Les décisions algériennes et marocaines autorisant le survol de leur espace aérien sont fondamentales. L'UE doit être à la pointe de l'effort international d'appui au Mali », a déclaré Mme Ahston. La plateforme de crise de l'UE a permis aux 27 de faire le point sur l'urgence de la situation et sur les besoins de la France, et l'entretien qu'a eu la Haute représentante avec Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, a été très utile.

« Le Conseil Affaires étrangères de jeudi adoptera un plan d'action. Nous devons accélérer nos actions. Le ministre des Affaires étrangères malien est en route pour Bruxelles, Je le rencontrerai et il rencontrera le Conseil. Nous devons déployer notre mission le plus rapidement possible. Il est urgent que le Mali dispose d'une armée professionnelle et efficace », a déclaré Mme Ashton. Et de rappeler que l'UE va également soutenir les pays africains qui déploieront des forces terrestres sous la houlette des Nations unies, via des fonds de la facilité pour la paix en Afrique, et via un soutien logistique. L'effort humanitaire sera également accru pour faire face au flux de réfugiés qui ira croissant. Outre les 58 millions d'euros mobilisés en 2012, « 20 millions d'euros sont immédiatement disponibles ». La Haute représentante a également annoncé qu'elle désignera un représentant spécial pour le Sahel afin d'assurer la coordination de l'action de la communauté internationale. « Préserver la souveraineté et l'intégrité territoriale du Mali est la priorité immédiate », a-t-elle rappelé.

Au cours du débat, les grands groupes politiques (PPE, ADLE, PSE, Verts/ALE) ont été unanimes à exprimer leur solidarité avec la France et à demander la solidarité de l'UE avec cet État membre. Des voix se sont élevées pour demander, comme José Ignacio Salafranca Sanchez-Neyra (PPE, espagnol) pourquoi l'UE avait tant tardé à réagir à une menace qui pouvait être anticipée. « Depuis un an, nos amis maliens ont appelé au secours. Cette guerre est un effet collatéral de la guerre de Libye où des bandes criminelles de type Al Qaida on traversé la frontière. Je salue le courage du gouvernement français. », a déclaré Véronique De Keyser (PSE, belge).

Dans le concert de louanges envers la France, seule la GUE a exprimé des réserves quant aux possibles motivations de l'opération Serval, autres que la seule nécessité d'endiguer la menace terroriste, telles que la convoitise pour l'uranium. À ceux qui, comme Daniel Cohn Bendit, ont déploré que l'UE n'ait pas de force d'intervention civile ou militaire - (« Nous sommes en déficit de construction européenne, c'est pourquoi la France joue un rôle qui dépasse ses capacités »), Mme Ashton a annoncé qu'elle va « également réunir les ministres de la Défense le plus vite possible. Une grande partie de la planification a été faite. Ne sous-estimez pas le travail accompli pour garantir un avenir politique aux peuples de cette région. Certains voudraient des troupes, mais il y a des États membres qui réagissent rapidement. Tout cela a été fait , en liaison avec les autorités européennes », a déclaré Mme Ashton. Les besoins de la France en logistique aérienne et médicale ont été exprimés dès le week-end. L'Italie, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la Belgique (mardi 15 janvier pour cette dernière) ont répondu favorablement. 8 États membres de l'UE ont déjà proposé 400 à 500 militaires pour la mission EUTM Mali. (AN)

Sommaire

ACTION EXTÉRIEURE
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
ÉCONOMIE - FINANCES
POLITIQUES SECTORIELLES
COUR DE JUSTICE DE L'UE
INSTITUTIONNEL
SOCIAL - ÉDUCATION