Bruxelles, 17/12/2012 (Agence Europe) - Le ministre irlandais des Affaires étrangères et du Commerce, Eamon Gilmore, et la ministre des Affaires européennes, Lucinda Creighton, ont présenté, lundi 17 décembre, les ambitions de la 7ème présidence irlandaise de l'UE (1er janvier au 30 juin 2013), présidence d'un « pays en redressement conduisant le redressement en Europe ». L'Irlande, premier pays sous programme d'aide à prendre la présidence de l'UE, veut utiliser son expérience nationale au niveau européen. « Nous avons l'intention de nous intéresser au fond plutôt qu'à la cérémonie et au spectacle. Nous voulons être très concrets », a indiqué Mme Creighton.
Les priorités de cette Présidence sont claires: sécuriser la stabilité et assurer que cela mène à la croissance et l'emploi. La Présidence estime que « nous devons, dans l'UE, mettre en place ce que nous avons accepté, développer notre gouvernance, investir dans la croissance et la création d'emplois, développer le marché unique pour le futur et renouveler notre engagement avec nos partenaires extérieurs ».
L'Irlande veut un « redressement centré sur les gens, conçu pour durer ». La Présidence souhaite ainsi faire des progrès dans l'union bancaire et développer la régulation financière, avec une coordination économique améliorée, à travers le processus du semestre européen, dont la bonne gestion sera selon M. Gilmore, le « défi principal ». « Nous allons travailler au rétablissement de la croissance de la zone euro et de l'UE », a expliqué le ministre. Il a précisé que l'Irlande allait poursuivre sur les avancées obtenues concernant le mécanisme de supervision bancaire, et travailler sur la garantie de dépôt ou la possibilité de recapitaliser directement les banques. La Présidence considère aussi l'emploi, en particulier celui des jeunes, comme une urgence, alors que 26 millions de jeunes Européens sont au chômage. Les paquets sur l'emploi des jeunes et l'investissement social et la sécurisation d'un accord sur les décisions dans les domaines de la santé avec le programme Health for Growth, de la mobilité (par exemple la reconnaissance des qualifications professionnelles), et de l'éducation avec Erasmus pour tous sont ainsi au cœur du programme irlandais.
L'Irlande met aussi à l'honneur « l'investissement dans la croissance » qui favorise l'emploi et dans les ressources de l'UE. Un accord doit être trouvé sous présidence irlandaise concernant le cadre financier pluriannuel, qui doit aussi être approuvé au Parlement. « Nous voulons obtenir un accord en début d'année, nous allons aider le président du Conseil, Herman Van Rompuy, de toutes les façons possibles », a souligné M. Gilmore, cependant conscient qu'un consensus sera difficile, tant les positions des États membres sont différentes. La Présidence devra travailler avec le Parlement européen sur les 67 pièces de législation liées à ce budget. Elle mènera aussi un travail sur les domaines clés tels que la réforme de la politique agricole commune ou Horizon 2020. La Présidence souhaite également axer son travail sur le potentiel de l'Europe en ressources naturelles terrestres mais aussi maritimes (croissance bleue) et sur l'agenda sur l'économie verte.
Le développement du marché unique est aussi une priorité de la Présidence. Le pays, qui accueille de grandes entreprises telles que Google ou Facebook, souhaite promouvoir l'économie digitale, en particulier en matière de protection des données. « La protection des données est un des dossiers les plus difficiles car c'est une tâche gigantesque », a prévenu Mme Creighton. La cybersécurité, l'e-signature, le déploiement du haut débit et l'accès à Internet seront aussi au cœur des travaux. L'assemblée du numérique en juin à Dublin sera d'ailleurs le plus gros événement de la présidence. L'accent sera aussi mis sur les petites et moyennes entreprises, avec la volonté d'améliorer leur accès au crédit, de réduire le fardeau réglementaire, de développer les opportunités de marché public et leur compétitivité avec le programme COSME, et de s'occuper de la propriété intellectuelle et des fonds de recherche.
L'Eire, pays très tourné vers l'extérieur, souhaite faire de même avec l'UE et veut développer « un engagement gagnant-gagnant avec ses partenaires ». La Présidence souhaite développer le commerce extérieur européen, avec des accords commerciaux de libre-échange, en particulier avec les États-Unis. Selon M. Gilmore, des accords de libre-échange avec le Japon, Singapour, le Canada et les États-Unis permettraient d'améliorer la croissance européenne de 2 %.
L'Irlande souhaite aussi s'investir dans l'élargissement, en progressant dans les négociations d'adhésion avec l'Islande et le Monténégro, et en relançant les négociations avec la Turquie. Les Balkans ne seront pas non plus en reste car sous sa présidence, la Commission doit présenter au printemps des rapports sur l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Serbie et l'Ancienne République yougoslave de Macédoine, et sur les directives pour négocier un accord de stabilisation et d'association avec le Kosovo. La Présidence compte aussi avancer sur le développement, la politique humanitaire, en particulier concernant la famine et le changement climatique et veut travailler à une relation UE-Nations unies plus forte.
La présidence irlandaise est disponible sur http://www.eu2013.ie et sur Twitter via @eu2013ie. (CG)