login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10753
Sommaire Publication complète Par article 29 / 31
AFFAIRES & ENTREPRISES N°44 / (ae) salaires

L'augmentation des salaires ralentit globalement, malgré des hausses dans les pays émergents. - À l'échelle mondiale, les salaires ont progressé à un rythme beaucoup plus faible qu'avant la crise, virant même au rouge dans les pays développés, selon le rapport 2012/13 que vient de publier l'Organisation Internationale du Travail (OIT). La hausse se poursuit, par contre, dans les économies émergentes. « Ce rapport montre clairement que, dans de nombreux pays, la crise a eu un impact très conséquent sur les salaires et, par extension, sur les salariés (…) Cependant, cet impact n'a pas été uniforme », a indiqué le directeur général de l'OIT, Guy Ryder. Pour rendre les statistiques plus parlantes, l'OIT donne la simulation suivante: aux Philippines, un ouvrier du secteur manufacturier touchait en 2011, 1,40 dollar de l'heure, contre moins de 5,50 dollars au Brésil, 13 dollars en Grèce, 23,30 dollars aux États-Unis et presque 35 dollars au Danemark. Les salaires mensuels ont augmenté de 1,2 % en 2011, en baisse par rapport aux 3 % de 2007 ou 2,2 % de 2010. Ces chiffres seraient encore plus faibles si l'on excluait la Chine des calculs. Le rapport souligne néanmoins des différences énormes entre les différents pays et régions du monde, les salaires ayant tendance à augmenter dans les endroits où la croissance économique est la plus forte. Alors que la croissance des salaires a souffert d'un double creux dans les économies développées - où elle devrait être de 0 % en 2012-, elle a augmenté tout au long de la crise en Amérique latine et dans les Caraïbes, et plus encore en Asie. Les changements les plus importants sont intervenus en Europe orientale et en Asie centrale, où l'on est passé de taux à deux chiffres à un atterrissage brutal en 2009. Au Moyen-Orient, les salaires semblent avoir chuté depuis 2008, même si les données sont encore incomplètes. Les différences entre régions sont particulièrement marquées si l'on observe la croissance salariale de 2000 à 2011. À l'échelle mondiale, les salaires ont augmenté d'un peu moins d'un quart. En Asie, ils ont presque doublé ; en Europe orientale et en Asie centrale, ils ont pratiquement triplé, mais ceci suite à de fortes chutes dans les années 90 ; et dans les pays en développement, ils ont augmenté de 5 % seulement. Il existe également des différences considérables de niveaux de salaire d'un pays à l'autre. Le rapport met également en évidence de récentes études montrant que les salaires ont augmenté à un rythme inférieur à celui de la productivité (c'est-à-dire la valeur des biens et services produits par personne employée) ces dernières décennies dans une majorité de pays pour lesquels on dispose de chiffres. Cette tendance s'est traduite par un changement dans la répartition des revenus, ce qui veut dire que les salariés ont moins profité des fruits de leur travail tandis que les détenteurs de capitaux en bénéficiaient davantage, ce que déplore l'OIT. « Cette tendance est indésirable et doit être modifiée (…) Sur le plan social et politique, on ne peut qu'en déduire que les salariés et leurs familles ne reçoivent pas la juste part qu'ils méritent », souligne M. Ryder. Dans les économies développées, la productivité du travail a augmenté deux fois plus que les salaires depuis 1999: aux États-Unis, la productivité horaire dans les entreprises non-agricoles a augmenté d'environ 85 %, tandis que les rémunérations n'augmentaient que d'environ 35 % depuis 1980 environ. En Allemagne, la productivité du travail a grimpé de près d'un quart au cours des vingt dernières années tandis que les salaires demeuraient stables. Même en Chine, un pays où les salaires ont quasiment triplé en dix ans, la part du travail a reculé alors que le PIB augmentait plus rapidement que la masse salariale totale. En conclusion, le rapport avertit donc que les dirigeants politiques doivent prendre garde à ne pas promouvoir une « course vers le bas » dans la part du travail en espérant ainsi gagner en compétitivité afin de sortir de la récession. (IL)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
AFFAIRES & ENTREPRISES N°44
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE