Bruxelles, 17/12/2012 (Agence Europe) - La mise en œuvre rapide du mécanisme de supervision unique des banques (MSU) est importante, « mais il est encore plus important de bien le faire » a déclaré Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE), lundi 17 décembre lors d'un dialogue avec la commission des Affaires économiques et monétaires au Parlement européen.
M. Draghi a par ailleurs salué l'accord arraché la semaine dernière à l'unanimité sur le MSU et a indiqué qu'une fois entré en vigueur le règlement du Conseil, la BCE se laissait une année pour être opérationnelle, soit en mars 2014, sous réserve que le trilogue qui commence ce mardi ait abouti. « Il est vrai que l'on s'aventure dans des eaux tout à fait inconnues, donc il est sage de garder une marge de flexibilité si cela s'avérait nécessaire », a-t-il toutefois précisé face aux inquiétudes de Marianne Thyssen (PPE/belge), rapporteur sur ce sujet pour le PE. Celle-ci s'interrogeait sur une clause qui permettra à la BCE de retarder la mise en œuvre du MSU si elle jugeait qu'elle n'en était pas encore prête pour assurer ces nouvelles fonctions. M. Draghi a par ailleurs indiqué que la BCE s'attèlerait rapidement à la tâche pour être prête le 1er mars 2014, comme prévu. Le président de l'Institut de Francfort a rappelé qu'il était essentiel de bien séparer les tâches de supervision des banques de la politique monétaire, mais qu'une supervision renforcée faciliterait la bonne conduite de cette politique. Il a également mentionné que quatorze des dix-sept banques centrales de la zone euro exerçaient d'ores et déjà un tel rôle. M. Draghi a en outre estimé que les fondations de son institution étaient saines, et que le feu vert envoyé par les juristes de la Commission européenne prouvait que la BCE bénéficiait de la base juridique solide pour ses nouvelles attributions.
Le MSU, concilié à la possibilité de recapitalisation directe des banques par le Mécanisme européen de Stabilité (MES), « permettra de rompre le cercle vicieux entre les dettes souveraines et les banques ». Le MSU n'est en effet que la première étape d'une union bancaire, qui reposera également sur une garantie commune des dépôts et un mécanisme unique de résolution. Ce dernier devrait d'ailleurs être une priorité clé de l'année 2013, à ses yeux. Le mécanisme de supervision devrait en outre avoir un impact sur l'économie réelle puisqu'il « contribuera à raviver les prêts interbancaires et les flux de crédits transfrontaliers ». De plus, il devrait permettre de raviver la confiance dans la zone euro, ce qui devrait conduire à terme, à une potentielle mutualisation des risques. La BCE exercera un contrôle direct sur 130 à 150 banques, le reste des institutions financières seront principalement sous l'égide des superviseurs nationaux, a précisé M. Draghi, bien que la BCE en restera « le centre de gravité ». La BCE se réserve d'ailleurs le droit d'interroger toutes les banques. Les superviseurs nationaux pèseront quant à eux de tout leur poids dans la balance, puisqu'ils collaboreront, au sein du conseil de supervision, avec quatre représentants de la BCE, « nous travaillerons ensemble », a rappelé M. Draghi. (EL)