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Bulletin Quotidien Europe N° 10753
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) pÊche

Les professionnels jugent très sévères les projets sur les quotas 2013

Bruxelles, 17/12/2012 (Agence Europe) - L'association des organisations nationales d'entreprises de pêche de l'UE (Europêche) et la filière pêche du COPA-COGECA estiment que la Commission européenne présente des propositions sur les quotas 2013 dans l'Atlantique et mer du Nord « qui vont au-delà des avis scientifiques ou qui utilisent le rang le plus négatif de ceux-ci, privilégiant ainsi une nouvelle fois les recommandations environnementalistes, au détriment des facteurs économiques et sociaux ». Les réductions de TAC (totaux admissibles de captures) pour de nombreux stocks affecteront à coup sûr la viabilité des entreprises du secteur et conduiront à une réduction du nombre d'emplois dans toute la filière, estiment les professionnels. Le Conseil Pêche sur les quotas 2013 commence ce mardi 18 décembre (EUROPE n° 10752).

Europêche et le COPA-COGECA estiment que l'objectif de la Commission, de parvenir d'ici à 2015 à des niveaux durables d'exploitation pour tous les stocks (rendement maximum durable), « n'a pas raison d'être ». Les discussions en cours sur la réforme de la PCP (politique commune de la pêche) montrent, selon ces organisations, qu'il existe désormais une flexibilité voulue quant à cet objectif à réaliser d'ici à 2020.

Depuis de nombreuses années, Europêche et le COPA-COGECA, soutenues par toute l'interprofession européenne du secteur de la pêche, « n'ont eu cesse de rappeler que des réductions de plus de 15 % des TAC et/ou de l'effort de pêche d'une année à l'autre étaient tout à fait insupportables d'un point de vue économique, qui plus est lorsque peu de données scientifiques sont disponibles ou qu'elles font défaut ».

Europêche et le COPA-COGECA observent avec préoccupation la volonté de la Commission de réduire de façon drastique les TAC pour différents stocks: - lotte (de -20 à -38 % selon les zones de pêche) ; - lingue bleue (-20 %) ; - cabillaud (de -20 à -25 % selon les zones de pêche) ; sole commune (de -20 à -80 % dans certaines zones de pêche) ; - églefin (de -20 à -55 % selon les zones de pêche) ; - merlu (-32 % ) ;
- hareng (de -18 à -20 % selon les zones de pêche) ; - cardine (de -20 à -40 % dans certaines zones de pêche) ; - langoustine (de -18 à -21 % dans certaines zones de pêche) ; - plie (de -19 à -36 % selon les zones de pêche- ; - lieu jaune, lieu noir, sole, sprat et merlan (-20 %).

Voici les principales revendications d'Europêche et du COPA-COGECA:

Lotte (zones VII et VIII abde): selon les rapports scientifiques, les quotas 2012 pourraient être maintenus en 2013, vu la tendance à la hausse de la biomasse. Il est donc demandé de maintenir une certaine cohérence dans la gestion de cette espèce et de ne prévoir aucune réduction du TAC pour 2013.

Cabillaud: une réduction de 20 % « ne fera qu'augmenter les rejets et sera mal acceptée par les pêcheurs ». Il est donc proposé une reconduction du TAC 2012 en 2013.

Merlu (zones VII et VIII abde): la réalité du stock est différente de celle présentée par la Commission, la biomasse étant en forte augmentation, voire à son plus haut niveau depuis 1978. Pour être cohérent, il est donc demandé de prévoir une augmentation modérée de ce TAC.

Églefin (de la mer Celtique): la biomasse est pourtant abondante, donc les professionnels s'opposent à une baisse de 55 % des prises.

Sole commune (dans le golfe de Gascogne): la réduction proposée est « incompréhensible ».

Cardine (VII et VIII abde): selon les rapports scientifiques, les quotas 2012 pourraient être maintenus en 2013, vu la tendance à la hausse de la biomasse.

Mise en garde du WWF

L'ONG WWF a demandé au Conseil de suivre les avis scientifiques plutôt que les intérêts à court terme de la profession. Une étude du WWF montre qu'au cours de la dernière décennie les avis scientifiques n'ont été suivis par les ministres européens de la Pêche que dans 13 % des cas. Les quotas de pêche tels que fixés par le Conseil des ministres de l'UE ont été en moyenne 45 % plus élevés que ce que recommandaient les avis scientifiques. « Ce qui veut dire que les ministres ont approuvé le prélèvement d'un surplus de 6,2 millions de tonnes de poissons, ce qui s'apparente à de la surpêche légalisée », dénonce l'ONG.

Roberto Ferrigno, du bureau européen du WWF, a commenté: « Nous attendons du Conseil cette année qu'il suive la logique scientifique plutôt que les intérêts à court terme dans la fixation des quotas annuels. Au cours des neuf dernières années, les ministres de la Pêche n'ont suivi les avis scientifiques qu'une fois sur dix. Nous voyons les conséquences de cette mauvaise prise de décision dans l'état qui se détériore de nos stocks de poissons. Nous espérons que cette année sera différente. »

Et le WWF de mettre l'accent sur le respect des avis scientifiques, l'adoption de plans de gestion pluriannuels et les dégâts causés par la course aux quotas lors des Conseil Pêche de fin d'année. (LC)

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