Bruxelles, 19/11/2012 (Agence Europe) - Le fait n'est plus contesté par personne: les États membres de l'UE font fasse à une crise de leurs capacités militaires. Des capacités qui s'appauvrissent davantage au fil de la crise financière et budgétaire. Réunis à Bruxelles lundi 19 novembre, les ministres de la Défense de l'UE ont réitéré leur volonté commune de trouver des solutions en vue de préserver leurs moyens d'action militaire, en passant notamment par une coopération plus étroite et en partageant et en mutualisant leurs capacités (Pooling&Sharing).
Au cours de la réunion du comité directeur de l'Agence européenne de défense (AED), dans la matinée, les ministres se sont penchés sur les avancées réalisées dans les différents projets et programmes. Deux nouvelles initiatives ont ainsi connu une première concrétisation, aux côtés de onze projets déjà existants. Un groupe de 11 pays s'est ainsi accordé pour faciliter entre eux les vols internationaux de transport militaire et diplomatique. L'accord comporte des procédures harmonisées permettant d'obtenir un numéro d'autorisation diplomatique, valable pour une année et pour tous types d'équipements militaires, dont les armes.
Le second accord porte sur une lettre d'intention, à l'initiative des Pays-Bas, qui concerne les avions de transport et de ravitaillement européen MRTT (Multirole Transport and Tanker). L'objectif de cette initiative n'est pas d'acheter, à cette étape, des avions en commun, mais de permettre le partage efficace des ressources existantes, aussi bien à des fins militaires que civiles, a expliqué Claude-France Arnould, directrice générale de l'AED, lors d'une conférence de presse.
Au cours de la 2ème réunion, à laquelle participait cette fois le commissaire Michel Barnier (Marché intérieur et Services), c'est le volet industriel qui a été débattu. Les ministres ont accueilli favorablement la présentation du programme de travail de la Task-Force Défense de la Commission, dont l'objectif est de proposer des pistes pour rendre plus homogène et plus efficient le marché européen de la défense.
Toutefois, les questions des choix stratégiques, comme l'implication des politiques structurelles dans le financement des capacités militaire ou à usage dual ou une politique industrielle commune, ont été laissées de côté pour l'heure. Les différentes options sont en cours d'élaboration et les États membres se sont donné un an, jusqu'au Conseil européen de décembre 2013, qui sera en grande partie dédié à la Défense, pour trouver des solutions à ce qui constitue un véritable défi. Un défi d'autant plus délicat qu'il appelle à trouver un nouvel équilibre pour les États membres entre leur souveraineté et le besoin d'investir ensemble et de disposer en commun de certaines capacités critiques. (JK)