Bruxelles, 19/11/2012 (Agence Europe) - Vivement préoccupés par la situation au Proche-Orient, les ministres des Affaires étrangères de l'UE, réunis en Conseil, lundi 19 novembre, ont appelé Israël et Gaza « à la désescalade et la cessation des hostilités urgentes ». « Toutes les attaques doivent cesser immédiatement car elles provoquent des souffrances injustifiables à des civils innocents », souligne le Conseil dans ses conclusions. « Une cessation immédiate des hostilités est dans l'intérêt de tout le monde, surtout à une époque d'instabilité dans la région », ajoutent les ministres.
Le Conseil « condamne fermement » les tirs de roquettes sur Israël depuis la bande de Gaza, et précise « qu'ils doivent cesser immédiatement », soulignant qu' « il ne peut y avoir aucune justification pour le ciblage délibéré de civils innocents ». Précisant qu'Israël a le droit de se défendre, l'UE a cependant ajouté que l'État hébreu doit « agir proportionnellement et assurer la protection des civils en toutes circonstances ». Le Conseil insiste aussi sur la nécessité pour toutes les parties de respecter pleinement le droit humanitaire international.
Les ministres mettent en avant leur soutien aux efforts de médiation, entre autres, de l'Égypte pour un cessez-le-feu rapide et se félicitent de la mission du secrétaire général des Nations Unies dans la région. Ils expliquent aussi que la situation actuelle souligne « l'urgente nécessité » de s'orienter vers une solution à deux États. En amont du Conseil, le ministre suédois Carl Bildt a précisé qu'il est nécessaire de mettre en place un « processus de paix digne de ce nom ». « Si nous arrêtons et comptons juste les cadavres, puis que nous continuons comme si rien ne s'était passé, alors nous nous préparons pour les prochains combats », a-t-il indiqué.
Le Conseil rappelle aussi sa position sur Gaza, rappelant ses conclusions du 14 mai dernier (EUROPE n° 10614), dans lesquelles il demandait l'ouverture immédiate, durable et sans conditions de points de passage pour que l'aide humanitaire puisse parvenir dans la bande de Gaza et que les marchandises et les personnes puissent y entrer et en sortir.
Si les conclusions ne parlent pas de la demande de reconnaissance de la Palestine aux Nations unies, que le président Abbas devrait présenter fin novembre, les ministres ont plaidé, en amont du Conseil pour une position unie de l'UE mais aussi pour un report de la demande. La ministre chypriote Erato Kozakou-Marcoullis, a plaidé pour une position commune. « Nous devrions avoir une voix commune sur un sujet aussi important », a-t-elle estimé. Son homologue italien, Giulio Terzi, a aussi souhaité une position unifiée européenne, ce qui, selon lui, permettra à l'UE de jouer un rôle clé, qu'elle doit avoir, pour pousser le processus de paix et la reprise du dialogue. Mais il a précisé que ce n'est pas le moment de présenter une demande. « La problématique n'est pas tant sur la substance mais à cause de ce qui se passe à Gaza », a-t-il dit. La veille, le Britannique William Hague avait aussi contesté le moment. « Je pense que ce serait une erreur pour les Palestiniens d'essayer en ce moment ... parce que cela occasionnerait tellement de divisions parmi tous les gens » qui aident pour obtenir le processus de paix, a-t-il estimé. (CG)