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Bulletin Quotidien Europe N° 10733
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INSTITUTIONNEL / (ae) budget

Cadre 2014-2020, Cameron ne se voit pas en mauvais Européen

Bruxelles, 19/11/2012 (Agence Europe) - Le Premier ministre britannique, David Cameron, a affirmé lundi 19 novembre que les coupes dans le budget qu'il allait exiger lors du Conseil européen des 22 et 23 novembre sur le cadre financier 2014-2020 ne faisaient pas de lui un « mauvais Européen ».

« Je ne pense pas que vouloir avoir une discipline budgétaire accrue fasse de vous un mauvais Européen. Je pense que cela fait de vous un bon Européen », a lancé M. Cameron devant un parterre de grands patrons réunis à Londres pour la conférence annuelle de l'organisation patronale CBI. « Je pense que j'ai le peuple d'Europe de mon côté quand je demande que nous arrêtions de prendre sans fin dans nos poches et de dépenser toujours plus d'argent à travers le budget européen », a-t-il ajouté. « Je ne m'excuse absolument pas de défendre fermement en Europe certaines de nos priorités », a encore dit M. Cameron.

« J'ai gelé les avantages sociaux de certaines personnes au Royaume-Uni (...), j'ai réduit certains budgets de 30 %, j'ai dû couper le budget de la police par exemple de 20 %. Il n'est tout simplement pas crédible d'aller en Europe et de dire 'nous avons pris toutes ces décisions difficiles chez nous mais le budget européen doit augmenter encore et encore' », a-t-il martelé.

Le Conseil européen s'annonce très tendu alors que David Cameron, qui prône le gel du budget de l'UE en termes réels pour la période 2014-2020, a menacé de faire usage de son droit de veto si le projet lui paraissait contraire aux intérêts des contribuables britanniques. La porte-parole de M. Cameron a toutefois jugé lundi qu'un accord restait possible alors que le Premier ministre britannique a eu des entretiens téléphoniques ce week-end avec la chancelière allemande, Angela Merkel, le président français, François Hollande, et les dirigeants suédois, danois, polonais et néerlandais. « Nous reconnaissons que les négociations vont être difficiles » mais « il y a de bonnes idées sur des parties du budget qui n'ont pas encore été totalement explorées et où nous pouvons maîtriser les dépenses », a indiqué cette porte-parole. « Le Premier ministre pense que nous pouvons travailler sur ces détails de façon à obtenir un accord juste durant le sommet de cette semaine et nous sommes prêts à le faire », a-t-elle ajouté. Des sources indiquent que le Royaume-Uni souhaite des coupes dans toutes les rubriques et que le document d'Herman Van Rompuy ne va pas assez loin, notamment s'agissant des dépenses administratives. Le rabais britannique est justifié, selon Londres. Si le chèque britannique venait à disparaître, le Royaume-Uni deviendrait le premier contributeur au budget de l'UE, alors qu'il est déjà le deuxième actuellement, selon des sources.

Hollande/Barroso. Le président français, François Hollande, a reçu samedi 17 novembre le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Le président français a marqué son souhait de parvenir à un accord sur le cadre financier pluriannuel 2014-2020 lors du Conseil européen des 22-23 novembre. « Il a réaffirmé sa volonté que le budget de l'Union européenne, tout en restant compatible avec la maîtrise de nos finances publiques, contribue à la croissance et à l'investissement par le financement des politiques communes, en premier lieu la PAC dont les crédits doivent être préservés, la politique de cohésion ainsi que par de nouveaux instruments consacrés à la recherche et à l'innovation, aux grands projets et aux infrastructures », selon un communiqué de presse. La France s'oppose ainsi au compromis présenté par M. Van Rompuy.

Sur l'UEM, M. Hollande a également souligné la nécessité d'adopter avant fin 2012 les propositions législatives sur la mise en place d'un mécanisme de supervision bancaire unique, afin que celui-ci soit mis en œuvre de manière opérationnelle en 2013. Concernant le renforcement de l'Union économique et monétaire (UEM), il a réitéré la position française selon laquelle toute intégration accrue est « solidaire » et contribue à rendre « plus efficaces et plus légitimes » les mécanismes de décision et de coordination au sein de la zone euro. Le Conseil européen est appelé à adopter une feuille de route et un calendrier menant à une UEM renforcée, processus qui inclura un changement de traité (EUROPE n° 10714).

Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a aussi jugé inacceptable le projet de M. Van Rompuy sur le cadre 2014-2020. Les Espagnols perdraient 20 milliards d'euros d'aides. Le document de compromis sur la table les fait perdre sur tous les tableaux. « La proposition de départ est insuffisante, le point de départ n'est pas très bon », souligne-t-on côté espagnol. L'Espagne va se battre sur la PAC et aussi sur la politique de cohésion (notamment les régions en transition). Madrid regrette que PAC et cohésion soient les rubriques où il y a eu le plus de réductions. Pour l'Espagne, le document de M. Van Rompuy représenterait par rapport au cadre actuel, pour l'Espagne, une coupe de 30 % dans les aides de la cohésion et une diminution de 17 à 18 % dans la PAC.

L'Italie aussi est mécontente du texte de M. Van Rompuy. Sur l'agriculture, l'Italie a un problème avec le mécanisme de convergence des aides directes qui frappe les pays qui ont eu jusqu'à présent l'intensité d'aide par hectare la plus élevée. L'Italie conteste que le calcul des aides par hectare se fasse en fonction de la surface cultivable. Sur les corrections (volet recette du budget), le document présente une ouverture, selon les Italiens. Sur la base du principe 'les corrections doivent être payées par tous les États membres sur la base d'un critère de la ressource liée au PIB', « nous pourrions examiner la proposition de manière plus positive car notre contribution au coût des corrections changerait », selon des sources. (LC avec MD et MB)

 

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