Bruxelles, 19/11/2012 (Agence Europe) - La députée européenne Judith Sargentini (Verts/ALE, néerlandaise) a appelé l'UE et l'Égypte à enquêter sur les prises d'otages de réfugiés africains, en particulier des Érythréens dans le Sinaï égyptien, lors d'une discussion avec EUROPE le 14 novembre. La députée souhaite que l'UE enquête sur l'argent que les familles des réfugiés présentes en Europe envoient aux preneurs d'otage. « L'Europe devrait enquêter sur cet argent, qui va de l'Europe à l'Égypte, ce sont des sommes énormes », a-t-elle précisé. Mme Sargentini souhaite aussi que l'Europe, et en particulier Europol, mène une enquête sur la possibilité que le trafic d'organes qui touche ces réfugiés kidnappés concerne des Européens. « S'il y a des signaux de trafic d'organes, pouvons-nous prétendre qu'ils ne vont pas en Europe ? Ne devrions-nous pas enquêter dessus ? N'est ce pas un rôle pour Europol ? », s'est-elle demandée. Elle a aussi souligné le droit des réfugiés.
La députée néerlandaise a appelé l'Égypte à poursuivre les auteurs des kidnappings et à envoyer des troupes dans le Sinaï.
L'UE prête à aider l'Égypte
De son côté, le SEAE a précisé le 16 novembre à EUROPE qu'il va « continuer d'exhorter les autorités égyptiennes à prendre les mesures appropriées pour veiller à ce que les droits humains des migrants et des réfugiés soient pleinement respectés ». Le service presse du SEAE a expliqué que l'UE a demandé aux autorités égyptiennes de veiller à ce que le principe de non refoulement soit observé pour tous les migrants ayant besoin d'une protection internationale. « Ainsi, nous les avons appelés à permettre au Haut Commissariat aux Réfugiés de s'acquitter de son mandat sur l'ensemble du territoire de l'Égypte, y compris la région du Sinaï, en conformité avec les engagements internationaux de l'Égypte », a-t-il ajouté.
Expliquant que l'UE est prête à soutenir la lutte des autorités égyptiennes contre les trafiquants et dans le contrôle des frontières d'une « manière plus efficace » tout en respectant les engagements internationaux en matière de droits, le SEAE a précisé que l'Égypte a jusqu'ici refusé l'offre européenne de coopération sur la réforme du secteur de sécurité. « Nous réitérons notre offre aux nouvelles autorités égyptiennes et nous espérons qu'elles seront plus ouvertes », a ajouté le SEAE, soulignant que sans une réforme approfondie du secteur de la sécurité et sans moyens supplémentaires pour la lutte contre le trafic et le crime organisé, la situation ne s'améliorera pas.
Des milliers d'immigrés africains, en quasi-totalité Érythréens, sont kidnappés et d'importantes rançons (plus de 50 000 dollars) sont demandées à leurs familles en Occident. Les otages sont torturés, violés, parfois tués et certains soumis au trafic d'organes. (CG)