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Bulletin Quotidien Europe N° 10733
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) santÉ

Diminution des soins de santé en 2010, une première depuis 1975

Bruxelles, 19/11/2012 (Agence Europe) - En 2010, les dépenses de santé par personne et en pourcentage du PIB ont diminué dans l'ensemble de l'Union européenne, indique un nouveau rapport conjoint de la Commission européenne et de l'OCDE intitulé « Panorama de la santé: EUROPE 2012 ». Les vingt-sept États membres de l'UE ont été pris en compte de même que les cinq pays candidats à l'adhésion et les trois pays de l'AELE. Par rapport à un taux de croissance annuel moyen de 4,6 % entre 2000 et 2009, les dépenses de santé par personne ont diminué de 0,6 % en 2010. C'est la première fois qu'une diminution de ces dépenses est enregistrée en Europe depuis 1975. Si le rapport ne fait pas apparaître d'aggravation des résultats qui serait due à la crise, il souligne toutefois que des dépenses de santé judicieuses seront nécessaires pour atteindre l'objectif fondamental de systèmes de santé plus viables dans les États membres de l'Union.

Les dépenses en soins de santé par personne ont particulièrement baissé en Irlande (-7,9 %) en 2010, alors qu'elles affichaient un taux de croissance annuel moyen de 6,5 % entre 2000 et 2009. En Estonie, elles ont chuté de 7,3 % en 2010, après une croissance de plus de 7 % par an entre 2000 et 2009 ; ces réductions concernent tout à la fois le secteur public et le secteur privé. En Grèce, des estimations donnent à penser que les dépenses de santé par personne ont diminué de 6,7 % en 2010, alors qu'elles avaient connu une croissance annuelle de 5,7 % entre 2000 et 2009. Autre tendance: les gouvernements, contraints de protéger le financement des soins aigus, réduisent d'autres dépenses relevant, notamment, des programmes de santé publique et de prévention. En 2010, ces dépenses étaient inférieures de 3,2 % à celles de l'année précédente. Cela signifie qu'en moyenne, dans l'ensemble des pays de l'UE, 3 % seulement d'un budget de la santé réduit ont été alloués aux programmes de prévention et de santé publique dans des domaines tels que la vaccination, le tabagisme, l'alcool, l'alimentation et l'exercice physique. Le rapport prévient, à ce propos, qu'il est sans doute beaucoup plus rentable de dépenser maintenant pour prévenir les maladies que de les traiter plus tard. En matière d'obésité, le phénomène prend de l'ampleur en Europe, plus de la moitié des adultes de l'UE étant aujourd'hui en surpoids, et 17 % souffrant d'obésité. Les taux de prévalence de l'obésité ont doublé depuis 1990 dans de nombreux pays européens et s'échelonnent actuellement entre 8 % (Roumanie et Suisse) et plus de 25 % (Hongrie et Royaume-Uni). L'obésité et le tabagisme sont les principaux facteurs de risque des maladies et crises cardiaques, responsables de plus d'un tiers (36 %) de l'ensemble des décès dans les pays de l'UE en 2010 note le rapport.

Voici, en bref, d'autres conclusions du rapport:

1) en 2010, les dépenses de santé en pourcentage du PIB ont été les plus élevées aux Pays-Bas (12 %), suivis de la France et de l'Allemagne (11,6 %). La part du PIB consacrée à la santé a été de 9 % en moyenne dans l'ensemble des pays de l'UE, contre 9,2 % en 2009 ; 2) le nombre de médecins par habitant a augmenté dans presque tous les États membres de l'UE au cours de la dernière décennie, passant d'une moyenne de 2,9 pour 1 000 habitants en 2000 à une moyenne de 3,4 pour 1 000 habitants en 2010 ; 3) il y a aujourd'hui beaucoup plus de spécialistes que de généralistes dans presque tous les pays, conséquence d'un désintérêt pour la médecine familiale traditionnelle et d'une aggravation de l'écart entres les rémunérations. La lenteur de l'augmentation, voire la réduction du nombre de généralistes, suscite des inquiétudes quant à l'accès aux soins primaires pour certains groupes de la population. (IL)

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