Bruxelles, 19/11/2012 (Agence Europe) - Alors que la rébellion M23 est aux portes de Goma (capitale régionale du Nord-Kivu), à l'est de la République démocratique du Congo (RDC), l'UE exhorte les rebelles, soutenus par le Rwanda (et, dans une moindre mesure, par l'Ouganda), à couper court à cette offensive militaire, et appelle toutes les parties impliquées à empêcher toute escalade de la violence. Cet appel, lancé dimanche 18 novembre au soir par Catherine Ashton, la Haute représentante pour les Affaires étrangères de l'UE, a été réitéré lundi matin, avant que ne débute le Conseil Affaires étrangères/Défense. Le sujet devait en effet être débattu par les ministres des Affaires étrangères en fin de session en vue d'éviter l'embrasement et d'encourager « une solution politique à long terme ».
La Haute représentante a annoncé avoir été en contact, dès le week-end, avec la délégation de l'UE en RDC. Elle prendra langue avec les chefs d'État de la région pour tenter de trouver « un moyen de poursuivre les relations de façon à éviter de devoir nous dédire des accords que nous avons », a-t-elle averti. Une manière d'annoncer que l'UE pourrait emboîter le pas au Conseil de sécurité des Nations unies, qui le 17 novembre, a annoncé le renforcement prochain des sanctions contre les leaders du 23.
« J'appelle le M23 à mettre immédiatement un terme à son offensive militaire contre la ville de Goma. Tout soutien du M23, en violation du régime de sanctions et de l'embargo sur les armes doit cesser.
Toutes les parties doivent permettre le plein accès humanitaire aux populations dans le besoin. Ma collègue Kristalina Georgieva (la commissaire européenne à la Coopération internationale, l'Aide humanitaire et la réponse aux crises: NDLR) et moi-même sommes très préoccupées par les conséquences humanitaires de cette nouvelle vague de violence. J'en appelle à tous les acteurs, y compris les pays voisins, à prendre toutes les mesures requises pour éviter que la situation ne se dégrade davantage et à prévenir une extension du conflit », précisait Mme Ashton dans une déclaration publiée le 18 novembre. L'UE est très inquiète pour les 70 000 personnes déplacées qui ont commencé à fuir le camp de Kanyaruchinya, au nord de Goma.
La Haute représentante souligne combien il importe d'encourager la MONUSCO (Mission de l'ONU pour la stabilisation en RDC) à jouer un rôle actif dans cette crise, conformément à son mandat. « Son rôle est vital pour la protection des civils, et toute action visant à saper le travail de la MONUSCO ne saurait être toléré », prévient Mme Ashton. Le gouvernement congolais a d'ores et déjà annoncé son refus de négocier avec la rébellion. (AN)