Luxembourg, 09/10/2012 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro ont salué, lundi 8 octobre, les sacrifices substantiels fournis par les autorités grecques et les sacrifices endurés par les Grecs depuis le début, au printemps 2010, de l'assistance financière internationale. Mais cela ne suffit pas. L'Eurogroupe conditionne notamment tout versement d'une nouvelle tranche d'aide supérieure à 30 milliards d'euros à la mise en œuvre des 89 actions prioritaires (réforme du marché du travail, privatisations, réduction du fardeau administratif, lutte contre l'évasion fiscale) entérinées en mars ainsi qu'à l'adoption de réformes additionnelles évaluées à 13,5 milliards d'euros sur 2013 et 2014 afin de combler le décalage budgétaire observé. Les autorités grecques ont jusqu'au 18 octobre, date du Conseil européen, pour prouver leur volonté de respecter leurs engagements budgétaires et macroéconomiques inscrits dans le 2ème sauvetage grec.
« L'Eurogroupe demande à la 'troïka' et à la Grèce de finaliser les négociations et de marquer un accord, le plus vite possible, sur une série complète de mesures crédibles visant à consolider le décalage budgétaire en 2013 et 2014. Il attend avec intérêt la conclusion d'un accord complet sur des mesures conditionnelles qui incluent aussi un programme robuste de mesures structurelles, de privatisations et de stabilisation du secteur financier », a déclaré le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, lundi 8 octobre à l'issue de la réunion de l'Eurogroupe. Et d'ajouter: « Nous avons également souligné qu'avant tout versement (d'une nouvelle tranche d'aide), la Grèce devrait démontrer, de manière claire et crédible, son engagement ferme à mettre en œuvre le programme. Les 89 actions prioritaires entérinées en mars devraient être mises en œuvre avant le 18 octobre au plus tard. D'autres actions prioritaires très significatives sont nécessaires pour remettre le programme sur les rails et devraient être appliquées avant qu'une décision politique de principe sur tout versement soit prise ». Selon le Premier ministre luxembourgeois, cette décision sur le versement d'une nouvelle tranche d'aide devra être prise « dans les semaines à venir ».
Comme c'est le cas avec tous les pays sous perfusion financière, les discussions sont « toujours difficiles », a déclaré la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, assurant de « cohérence totale » entre ses propres positions publiques et l'attitude à Athènes des représentants du FMI au sein de la 'troïka' (Commission européenne, FMI, BCE). Et de noter: « Il y a des progrès sur le terrain. Il faut faire plus. » Dans la même veine, le ministre français de l'Économie, Pierre Moscovici, a souligné la nécessité pour les Grecs de tenir leurs engagements, en appliquant les mesures prioritaires, et pour l'Eurozone de tenir ensuite les siens en faisant preuve de solidarité. (MB)