login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10706
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) euro

La BCE ne se substituera pas à l'action des gouvernements

Bruxelles, 09/10/2012 (Agence Europe) - Les mesures non conventionnelles 'Outright monetary transactions' (OMT) ne se substitueront jamais à « l'accès aux marchés » des pays en difficulté et ne remplaceront pas non plus « les mesures à prendre par les gouvernements », a déclaré le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, mardi 9 octobre, lors d'un dialogue avec la commission parlementaire des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen. En outre, il ne découlera pas de création nette de liquidités de ces transactions, a-t-il ajouté.

Quant aux programmes d'ajustement en tant que tels, il a reconnu les sacrifices « concrets et réels » des États qui pratiquent des politiques d'austérité en vue de réduire leur déficit. L'expérience a, selon lui, prouvé que ces sacrifices n'étaient pas vains. Et de citer l'exemple du Portugal, qui a émis des obligations sur les marchés internationaux avec succès la semaine dernière, ou encore l'Irlande « où les progrès sont les plus évidents ». Le pays retrouve en effet petit à petit son accès au marché des capitaux.

Même si les efforts fournis n'ont pas encore eu « un impact tout à fait visible sur le quotidien des citoyens des pays souffrant le plus de la crise », M. Draghi n'en est pas moins confiant que « la zone euro et ses membres les plus affaiblis en ce moment sortiront de la crise avec une économie plus forte et plus efficace ».

En janvier 2013, l'institution qu'il préside devrait se voir conférer des responsabilités supplémentaires, à savoir superviser les banques de la zone euro. « Il est impensable pour la BCE de remplacer » les superviseurs nationaux, « nous faisons tous partie du même projet », a-t-il affirmé. Selon lui, il n'y aura pas énormément de « changements dans la façon dont la subsidiarité est menée ». Cela étant, il faut à ses yeux « surmonter les perspectives purement nationales dans la conception et la mise en œuvre des politiques économiques ».

M. Draghi a par ailleurs noté l'attitude « ouverte » des superviseurs nationaux, « une surprise qui nous rassure ».

Les députés de la commission des Affaires économiques et monétaires ont invité le président de l'Institut de Francfort à se positionner quant à la question de la participation des pays non membres de la zone euro à ce mécanisme de supervision unique. « La position de la BCE est ouverte », cela pourrait même encourager l'achèvement du marché unique, selon lui. Cela étant, M. Draghi a rappelé que les pouvoirs de la BCE sont limités à la zone euro. « Il faut tenir compte du cadre juridique, il faut trouver des solutions. »

Quant à la mutualisation des risques, qui pourrait constituer une étape ultérieure, elle se fonde « sur la confiance » et requiert « une volonté politique de partager la souveraineté nationale, et, ce, à un niveau supranational ».

Un régime de résolution commun est donc « crucial » pour répondre de manière appropriée aux crises. Cependant, il faut prendre les choses dans « le bon ordre » afin de ne pas répéter « les erreurs du passé ». Et de conclure: « procéder par étapes rend la vie difficile et ralentit le processus », mais cela n'en reste pas moins « réaliste ». (EL)

Sommaire

ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL
CONSEIL DE L'EUROPE
AFFAIRES & ENTREPRISES N°3535