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Bulletin Quotidien Europe N° 10703
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

Budget et verdissement, craintes des agriculteurs de l'UE

Bruxelles, 04/10/2012 (Agence Europe) - Les agriculteurs européens ont appelé mercredi 3 octobre les chefs d'État et de gouvernement de l'UE, la Commission européenne et le Parlement à garantir une Politique agricole commune (PAC) forte et orientée vers le marché, dotée d'un « budget suffisant ». Ils s'inquiètent aussi de certains aspects de la réforme proposée de la PAC, surtout le verdissement d'une partie des aides directes.

La déclaration des agriculteurs européens, adoptée lors de leur congrès 2012, rappelle que les marchés mondiaux sont de plus en plus marqués par l'incertitude et la volatilité. D'où l'importance pour l'UE de disposer d'un secteur agricole fort. Les agriculteurs et agricultrices de l'UE et leurs coopératives peuvent non seulement garantir la sécurité alimentaire et des prix stables à 500 millions de consommateurs, mais également contribuer à la croissance économique et à l'emploi, lutter contre le changement climatique et continuer à fournir un large éventail de services ruraux, souligne la déclaration.

Les agriculteurs ont besoin de plus de rentabilité et d'une situation économique plus saine. Il leur faut davantage de stabilité pour pouvoir entreprendre des projets sur le long terme et investir. Ils doivent également avoir accès aux nouvelles techniques et aux nouveaux marchés pour faire face au changement climatique et tirer le meilleur parti de la capacité de production de l'Europe.

« Une PAC forte, adossée à un budget fort, doit nous conduire sur cette voie ». La future PAC devrait, selon le texte: - aider les agriculteurs à obtenir la part qui leur revient au sein de la chaîne de valorisation alimentaire pour la valeur ajoutée sur l'exploitation. Il faudra pour cela accroître la transparence, abolir les pratiques commerciales déloyales et favoriser les organisations de producteurs, notamment les coopératives ; - limiter les mesures de verdissement à celles qui n'ont pas de répercussions négatives sur la capacité ou les coûts de production ; - mettre l'accent sur la croissance verte dans les exploitations agricoles grâce à des solutions qui soient bénéfiques tant pour la capacité de production, la productivité et l'efficacité des agriculteurs que pour l'environnement et le changement climatique ; - développer la recherche et l'innovation et garantir une approche plus globale entre les agriculteurs, les conseillers et les chercheurs ; - développer les nouvelles opportunités fournies par la bio-industrie et s'attaquer aux dysfonctionnements actuels de la chaîne d'approvisionnement ; - garantir une politique équilibrée et stable en matière de biocarburants, qui tienne compte non seulement des bénéfices concernant le changement climatique, mais également en termes de réduction de la dépendance de l'UE vis-à-vis des importations d'aliments protéiques pour animaux et d'énergie ; - offrir une meilleure gestion du marché et des risques ainsi que davantage d'informations concernant le marché et plus de cohérence pour que les agriculteurs puissent faire face à une volatilité accrue et aux crises sur les marchés mondiaux ; - encourager de nouvelles initiatives entrepreneuriales dans les zones rurales et veiller à ce que les femmes soient plus associées au développement des entreprises ; - développer des initiatives entrepreneuriales coopératives pour améliorer les recettes des agriculteurs dans un contexte de concurrence internationale accrue ; - fournir un cadre politique stable pour que les agriculteurs, y compris la jeune génération, puissent faire des projets et réaliser des investissements sur le long terme - pas de virage à 180°.

Le COPA-COGECA demande au Conseil, au Parlement européen et à la Commission de saisir l'occasion offerte par cette réforme de la PAC pour mettre en œuvre ces mesures. « Il n'y aura pas de secteur agricole en Europe si nous ne parvenons pas à inciter les futures générations à se tourner vers le métier d'agriculteur. Nous avons avant tout besoin d'une agriculture qui soit rentable et qui offre des perspectives sur le long terme », conclut la déclaration. (LC)

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