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Bulletin Quotidien Europe N° 10703
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mÉditerranÉe

Le « 5+5 », « force motrice » de l'UpM (L. Gonzi)

Bruxelles, 04/10/2012 (Agence Europe) - Les dix pays de la Méditerranée occidentale (cinq de la rive nord, tous membres de l'UE et cinq de la rive sud membres de l'Union du Maghreb Arabe) se retrouvent les 5 et 6 octobre à Malte pour leur deuxième sommet. Le premier a eu lieu en décembre 2003 en Tunisie, marquant pour la première fois la présence formelle d'un haut dirigeant de l'UE, en l'occurrence Romano Prodi, à l'époque président de la Commission européenne. Des réunions des ministres des affaires étrangères ont eu lieu périodiquement chaque année, sauf dans un premier temps où le dialogue a été suspendu sur fond de crise au sujet du Sahara. Le Sommet de Tunis avait sonné l'heure de la relance et outre le dialogue entre diplomates, de nombreuses réunions sectorielles ont eu lieu de part et d'autre de la Méditerranée pour évoquer des thèmes aussi divers que l'émigration, l'économie, les transports et, surtout, la sécurité, un thème sensible sur lequel avait pourtant buté le dialogue global euro-méditerranéen au sein du processus de Barcelone.

En Méditerranée, les cadres de dialogue se sont multipliés au cours des dernières années, politiques, sectorielles, parlementaires, au risque d'un chevauchement qui brouille parfois les enjeux cruciaux dans la région, politiques, économiques, sécuritaires et humains dont la maîtrise des flux migratoires ; le groupe dit des « 5+5 » entend demeurer un cadre informel et se concentrer sur le fond plus que sur l'apparence institutionnelle.

Le bassin occidental représente ce que l'on serait tenté d'appeler la « Méditerranée utile », loin des répercussions décourageantes du conflit du Proche-Orient, de la rivalité persistante entre la Turquie, la Grèce et Chypre ; loin de l'instabilité qui affecte la zone du Mashreq, enjeu de rivalités entre les puissances mondiales et régionales (Iran, Turquie, Israël et pays du Golfe). Ses dix pays membres, qui offrent, ensemble, une image de cohérence plus forte que celle de la partie orientale, grâce à une plus forte proximité culturelle, historique et à d'intenses échanges humains, entendent cependant ne pas s'isoler mais former une sorte de groupe de pression au sein de l'ensemble euro-méditerranéen en bénéficiant de ce que l'on appelle dans le jargon bruxellois les « coopérations renforcées »: les plus volontaristes ne seront pas freinés par les retardataires ou les moins enthousiastes. (F.B.)

Interrogé par EUROPE, Lawrence Gonzi (LG), Premier ministre de Malte, est convaincu que « le Sommet à Malte offrira l'opportunité politique pour une plus grande impulsion au dialogue ouvert entre les 10 pays sur deux questions: les aspects thématiques et l'institutionnel. »

« Il traitera des questions institutionnelles, notamment de sa propre pertinence de cadre régional plus vaste de dialogue et de coopération, comme de l'évolution de la région et des principaux enjeux qui l'affectent: le renforcement de la confiance à travers des projets pragmatiques de l'UpM (Union pour la Méditerranée) ; le processus de paix au Moyen-Orient et la situation dans le Sahel, entre autres. Il aura aussi à tenir compte des enjeux mondiaux qui affectent la région, en particulier la crise économique actuelle, le changement climatique, le rôle des femmes et des jeunes dans nos sociétés, ainsi que la sécurité alimentaire et énergétique.

Une déclaration sera signée. Elle doit renforcer les objectifs du groupe '5+5' en tant que forum œuvrant au renforcement de la confiance. Elle doit aussi couvrir les thèmes de fond concernant la Méditerranée contemporaine et influer sur les tendances futures, dans le cadre du dialogue politique, sur la situation économique, sur la migration et sur le développement. »

(AE) Le « 5+5 » va-t-il se transformer en « +6+6 », si l'adhésion de l'Égypte et de la Grèce étaient acceptées ?

(LG) « Cette question n'est pas à l'ordre du jour du Sommet de Malte. Des propositions ont été faites dans le passé. Mais aucune décision n'a été prise ou proposée ces dernières années. Le consensus entre tous les membres est requis.

(AE) Comment vous situez-vous par rapport à l'Union pour la Méditerranée (UpM) ?

(LG) « Malte soutient pleinement les organisations régionales telles que l'UpM. Le fait que les co-présidences soient assumées par l'UE pour le Nord et la Jordanie pour le Sud est une évolution très positive.

L'UpM a un rôle très important à jouer dans la dynamique de la politique régionale en Méditerranée. Avec sa nature inclusive, l'UpM propose à ses membres un canal unique et important de communication. Elle est construite sur le principe de la co-propriété en évolution par rapport au processus, ancien, de Barcelone. Ses membres ont tout à gagner à contribuer à la concertation régionale permise par l'UpM. Celle-ci offre une plate-forme utile pour la discussion sur les sujets politiques, l'échange de vues et d'identification des préoccupations et des intérêts communs sur lesquels une action commune à l'échelle régionale serait nécessaire.

Au fur et à mesure que les problèmes autre fois locaux deviennent régionaux et mondiaux, le forum qu'elle constitue est devenue un moyen très utile pour le lancement d'une coopération technique plus poussée.

L'UpM permet à ses membres, avec la participation de pays tiers, d'organisations de la société civile et du secteur privé, d'amorcer ce qui peut être décrit comme une 'diplomatie du projet' afin de pouvoir coopérer en parallèle - c'est-à-dire de continuer à collaborer sur des projets spécifiques - même si certaines questions peuvent s'avérer difficiles à gérer ou vont au-delà du mandat de l'UpM elle-même ».

(AE) Quel y sera le rôle du groupe « 5+5 » ?

(LG) « Le succès de l'UpM dépend beaucoup de la volonté de ses membres partenaires de travailler ensemble et d'aider l'organisation à avancer. L'expérience récente a montré que des cadres larges, comme l'UpM, sont vitaux pour la poursuite du dialogue politique et pour une action concertée. Celle-ci est nécessaire pour traiter les questions transfrontalières. Des fora informels, sous-régionaux, offrent cependant un moyen plus rapide d'action sur des questions plus spécifiques. Étant donné que neuf des dix membres du '5+5' sont également membres de l'UpM, ce plus petit forum est de plus en plus considéré comme la force motrice de l'UpM et au sein de l'ensemble de la dimension régionale.

Cette évolution prouve que la coopération régionale en Méditerranée est possible et réalisable si la volonté politique est suffisamment présente. Le projet d'autoroute Trans-Maghreb offre un exemple concret d'une coopération sous-régionale traduite en tant que projet UpM accepté par tous les pays membres et confié, pour sa mise en œuvre, au secrétariat général à Barcelone. Ce projet a été proposé par les ministres des transports des pays '5 +5'. Je suis convaincu qu'il est possible que d'autres projets soient ainsi lancés dans d'autres secteurs. »

(AE) L'engagement particulier de Malte ?

(LG) L'engagement de Malte envers l'UpM a été exprimé de diverses façons, dont l'organisation de la 8ème réunion ministérielle sur la coopération industrielle accueillie par Malte en mai 2011. L'ambassadeur Cecilia Attard-Pirotta, une Maltaise, est l'un des secrétaires généraux adjoints de l'UpM. Elle est en charge des Affaires sociales et publiques, y compris la protection civile. »

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