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Bulletin Quotidien Europe N° 10703
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) ogm

Toxicité du NK603, l'article sur l'étude Séralini laisse à désirer, selon l'EFSA

Bruxelles, 04/10/2012 (Agence Europe) - La conception, la méthodologie et l'analyse de l'étude du professeur Séralini ayant conclu à la toxicité à long terme, chez les rats, du maïs transgénique NK603 de Monsanto et de l'herbicide total Roundup du même Monsanto sont inadéquats, selon l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Dans son avis liminaire publié jeudi 4 octobre sur l'article paru le 19 septembre dans la revue Food and Chemical Toxicology, l'EFSA n'y va pas de main morte.

Selon elle, cet article est d'une qualité scientifique insuffisante, ce qui ne lui permet pas de tirer la moindre conclusion sur l'occurrence des tumeurs chez les rats testés (200 au total pendant deux ans: NdlR) et de considérer les conclusions des auteurs comme scientifiquement valables. « Par conséquent, en se fondant sur les informations publiées par les auteurs, l'EFSA considère qu'il n'est pas nécessaire qu'elle réexamine l'évaluation précédente réalisée sur la sécurité du maïs NK603, ni qu'elle tienne compte de ces résultats dans le cadre de l'évaluation actuelle qu'elle effectue sur le glyphosate ». Aussi a-t-elle invité les auteurs à partager certaines informations additionnelles concernant la documentation sur laquelle ils se sont basés et les procédures relatives à leur étude « afin de lui permettre d'acquérir la compréhension la plus complète possible de l'étude » et de publier une analyse plus complète d'ici à la fin octobre Cette analyse inclura un résumé des évaluations de l'article réalisé par les États membres de l'UE et une analyse des autorités allemandes responsables de l'évaluation du glyphosate. « Certains pourraient être surpris par le fait que la déclaration de l'EFSA se concentre sur la méthodologie utilisée dans cette étude plutôt que sur ses résultats, mais cette question est justement au cœur du problème », déclare Per Bergman, le directeur de l'évaluation scientifique des produits réglementés qui a dirigé les travaux de l'EFSA.

Le groupe de travail pluridisciplinaire de l'EFSA conclut à tire liminaire que: - la souche de rat utilisée dans cette étude sur deux ans est sujette à développer des tumeurs au cours de son espérance de vie d'environ deux ans, ce qui n'a pas été pris en compte par les auteurs ; - les auteurs ont divisé les rats en 10 groupes de traitement mais n'ont mis en place qu'un seul groupe de contrôle (de 20 rats: NdlR), laissant sans contrôle approprié environ 40% des animaux ; - l'article n'a pas respecté les méthodes normalisées reconnues au plan international (protocoles) en matière de mise en place et de réalisation d'expériences ; - pour une étude de ce type, les lignes directrices de l'OCDE indiquent la nécessité d'utiliser un minimum de 50 rats par groupe de traitement. Séralini et al n'ont utilisé que 10 rongeurs par ensemble de traitement ; - les auteurs n'ont pas communiqué leurs objectifs de recherche ; - aucune information n'est donnée sur la composition de la nourriture administrée aux rats, sur ses modalités de stockage ; - il n'est pas possible d'évaluer correctement l'exposition des rats à l'herbicide étant donné que l'apport n'est pas clairement indiqué ; - l'étude n'applique pas les méthodes d'analyse statistique couramment utilisées ; - de nombreux facteurs résultants - ce qui est mesuré dans l'étude - n'ont pas été rapportés dans l'article.

Une lacune de la législation de l'UE. De l'avis de l'ONG, la polémique sur l'étude Séralini et cette déclaration liminaire de l'EFSA mettent en exergue le fait qu'à ce jour, il n'existe pas de protocoles adéquats, universellement reconnus, pour réaliser ce type de tests à long terme, ce qui soulève une question fondamentale: pourquoi la législation de l'UE n'impose-t-elle pas d'évaluer les effets à long terme des cultures génétiquement modifiées. Actuellement, les cultures transgéniques consommées par les citoyens et les animaux dans l'UE ont été approuvées sur la base de tests réalisés par l'industrie biotechnologique pendant 28 à 90 jours. « Il existe une lacune inacceptable dans les tests de sécurité, lesquels ignorent complètement les impacts à long terme pour la santé et l'environnement des cultures transgéniques », déplore Marco Contiero, du bureau européen de Greenpeace. Rappelons que la Commission européenne a autorisé la culture de la pomme de terre transgénique Amflora qui avait été testée sur trente rats au total, et un soja transgénique après 1 mois de test sur des groupes de dix rats. (AN)

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