Bruxelles, 04/10/2012 (Agence Europe) - La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères a fermement condamné, jeudi 4 octobre, les bombardements par les forces syriennes, la veille, sur la ville frontalière turque d'Akçakale, qui a fait cinq morts et neuf blessés. Cet incident « illustre clairement les tragiques effets de débordement de la crise syrienne dans les pays voisins ». Catherine Ashton a appelé une nouvelle fois les autorités syriennes « à mettre fin immédiatement à la violence et à respecter pleinement l'intégrité territoriale et la souveraineté de tous les pays voisins », soulignant que « les violations de souveraineté de la Turquie ne peuvent pas être tolérées ». Mme Ashton a précisé qu'elle est en contact avec le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, qu'elle devait avoir au téléphone jeudi midi.
Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a aussi condamné « avec la plus grande fermeté » les tirs d'obus, soulignant que « cette violation du droit international constitue une menace sérieuse à la paix et à la sécurité internationales ». Il a précisé qu'il faut « mettre fin sans délai » aux actes de violence du régime syrien tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de ses frontières. Il a exprimé sa solidarité avec la Turquie.
Appel au calme
La Haute représentante a aussi appelé à la retenue « toutes les parties », alors qu'Ankara bombarde des cibles en Syrie en représailles. Des soldats syriens auraient été tués. Michael Mann, le porte-parole de Mme Ashton, a indiqué que « toute escalade de la violence ne serait pas la bienvenue », précisant que toute militarisation du conflit va faire souffrir davantage la population syrienne et les populations voisines. De son côté, le ministre des Affaires étrangères britannique, William Hague, a souligné que la réponse de la Turquie au tir de mortier syrien est « compréhensible » mais que « l'escalade de la violence et militaire doit être évitée ». Il a exprimé sa solidarité avec la Turquie, qualifiant les tirs syriens d'« acte scandaleux ».
La Turquie adopte une loi qui autorise des opérations militaires en Syrie
Jeudi, le Parlement turc a adopté une motion du gouvernement autorisant l'armée à conduire « si nécessaire » des opérations en Syrie. Le vice-Premier ministre turc, Besir Atalay, a précisé que le texte ne donne pas mandat pour faire la guerre à la Syrie mais qu'il a une vertu dissuasive. Cette loi « est un avertissement », selon un conseiller du Premier ministre. Les autorités syriennes se sont excusées après les tirs d'obus et ont assuré qu'un tel incident ne se répéterait pas. (CG)